Alitalia risque le dépôt de bilan

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ALITALIA RISQUE LE DÉPÔT DE BILAN
ALITALIA RISQUE LE DÉPÔT DE BILAN

par Giselda Vagnoni

ROME (Reuters) - Alitalia risque de devoir déposer le bilan si elle ne parvient pas dans les semaines à venir à conclure un accord sur son projet d'augmentation de capital, a-t-on appris mardi de source gouvernementale.

La compagnie aérienne italienne, déficitaire, a besoin d'environ 500 millions d'euros pour assurer la poursuite de ses activités et financer une nouvelle stratégie, estiment des analystes. Alitalia a accumulé plus d'un milliard d'euros de pertes depuis sa privatisation en 2009.

Ses actionnaires, parmi lesquels figure Air France-KLM à hauteur de 25%, doivent se prononcer le 14 octobre sur une augmentation de capital d'au moins 100 millions d'euros.

"Alitalia risque de déposer le bilan si aucune solution n'est trouvée d'ici quelques semaines sur l'augmentation de capital", a dit la source à Reuters.

La compagnie est déjà en retard dans le paiement de ses factures de carburants, ont dit des fournisseurs. "Dans quatre ou cinq jours, Alitalia risque de ne plus être en mesure de voler", a ajouté la source.

Le gouvernement italien et les autres actionnaires d'Alitalia espèrent qu'Air France-KLM finira par se résoudre à augmenter sa participation, voire à prendre le contrôle du groupe, mais des désaccords financiers et stratégiques font planer de lourdes hypothèques sur cette stratégie.

"TOUJOURS PAS DE SOLUTION"

Lundi, dans un entretien à Reuters, le ministre français des Transports, Frédéric Cuvillier, a estimé qu'une prise de contrôle d'Alitalia par Air France-KLM aurait "du sens" à condition qu'elle ne remette pas en cause le redressement du groupe franco-néerlandais lui-même.

De son côté, Salvatore Mancuso, actionnaire et vice-président d'Alitalia, s'est prononcé, dans un entretien au quotidien Il Messaggero, contre une reprise par Air France-KLM, jugeant qu'elle impliquerait une lourde restructuration et une remise en cause du rôle de l'aéroport de Rome-Fiumicino.

"Il s'agit d'un bras de fer sur le prix", estime Andrea Giuricin, analyste spécialisé de l'université de Milan-Bicocca.

"Air France-KLM aimerait racheter Alitalia aussi peu cher que possible, de préférence sans reprendre sa dette, alors que les actionnaires italiens veulent s'en sortir dans les meilleures conditions possibles."

Une nouvelle réunion entre la direction d'Alitalia et le gouvernement italien a eu lieu mardi afin de tenter de trouver une solution au moins provisoire pour la compagnie, considérée par Rome comme un actif stratégique, mais elle n'a donné aucun résultat.

"Nous continuons de travailler, il y a beaucoup d'idées mais il n'y a toujours pas de solution", a déclaré le ministre des Transports Maurizio Lupi.

Le président d'Alitalia Roberto Colaninno a déclaré au conseil d'administration, à l'occasion d'une réunion qui s'est tenue ce mardi, que le gouvernement "parachève son analyse de la situation afin de définir les mesures qui s'imposent", lit-on dans un communiqué d'Alitalia.

Le conseil d'administration se réunira à nouveau jeudi.

Marc Angrand, Véronique Tison et Wilfrid Exbrayat pour le service français

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