Alika Kinan, l'ex-prostituée qui fait condamner l'État argentin pour complicité

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Alika Kinan recevant un prix pour son combat contre la traite en mars 2016 au Sénat.
Alika Kinan recevant un prix pour son combat contre la traite en mars 2016 au Sénat.

Au bout du fil, la joie fait trembler une voix habituellement douce mais ferme. « C'est la fin d'un processus très dur, mais aussi le début d'une nouvelle étape, pour toutes ! » se réjouit Alika Kinan, à peine sortie du tribunal qui a condamné mercredi 30 novembre ses proxénètes à des peines de prison. Les biens et comptes bancaires des trois accusés seront saisis et donnés au Bureau national de sauvetage des victimes de la traite. « On va pouvoir faire plein de choses avec ça. En avant ! Il reste beaucoup de travail à accomplir », ajoute-t-elle, déjà déterminée à engager de nouveaux combats. En parallèle, dans la procédure civile, la municipalité d'Ushuaia a été jugée coupable de complicité de traite de personnes et devra verser une amende de 780 000 pesos (environ 46 000 euros).

Alika Kinan a aujourd'hui 40 ans, dont près de 20 passés à se prostituer. Vocabulaire riche, aisance à l'oral, arguments clairs : « J'ai terminé le lycée. Et je lis beaucoup. Ça aide peut-être, je ne sais pas? » dit-elle avec un ton souriant. En bruit de fond, on entend des enfants jouer, rire et appeler leur mère. Elle a quatre filles et deux petits garçons. Sa vie est digne d'un roman, dont le dénouement était attendu par tout un pays.

Le « salon de massage »

Alika a 16 ans lorsque ses parents se séparent. Son père, violent et joueur, abandonne son épouse et ses deux filles. Sans ressources...

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