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Vous lancez Trecento AM, une nouvelle société de gestion visant à conjuguer « les réflexes de valorisation du private equity et la connaissance des marchés actions ». Qu’en est-il plus précisément ?
Alice Lhabouz : Trecento AM est une société de gestion dédiée tout particulièrement aux entrepreneurs et aux institutionnels. Julien Jérémie (le directeur général) et moi-même avons constaté le décalage qui existait entre la perception des entreprises et de leurs marchés par ceux qui les dirigent et par les professionnels de la finance. Nous avons donc réuni un comité d’une dizaine d’entrepreneurs, actionnaires de Trecento AM, qui apportent à nos gérants leur éclairage de terrain et leur vision sectorielle précieuse. Il s’agit de donner une dimension plus qualitative à l’analyse financière que nous effectuons avant de prendre une décision d’investissement. Nous avons également reçu les soutiens de La Française AM et de deux professionnels de la finance : Christophe Bourret, le co-fondateur d’ADI, spécialiste européen de l’investissement alternatif et Jérôme Tordo, le co-fondateur de Sycomore AM. Notre gamme compte deux fonds : Trecento European Equities et Trecento Market Neutral.
Quelle est la philosophie du fonds Trecento European Equities ? A.L : Il s’agit d’un fonds Long d’une quarantaine de valeurs européennes et qui cherche à surperformer le Stoxx Europe 600 (dividendes réinvestis). Plutôt que de raisonner en terme de secteurs, nous cherchons à identifier des thématiques grâce à un outil élaboré en partenariat avec Factset. Nous avons notamment sélectionné la sécurité (défense, biométrie, certification etc.), l’énergie (pétroliers, parapétroliers, énergies renouvelables etc.), les actifs réels (concessions) et les « premium brands » (marques reconnues à l’international). Vous lancez également un fonds d’arbitrage actions...
A.L : L’objectif du fonds diversifié Trecento Market Neutral est de réaliser une performance annuelle supérieure à 4% en tirant profit des inefficiences du marché. Nous cherchons à arbitrer les écarts de valorisation manifestes entre deux actifs cotés au sein d’un même secteur. Cette stratégie de pair trading permet de garder une exposition neutre aux marchés actions.
En terme de collecte d’encours, où en êtes-vous ? Quels objectifs ?
A.L : Les contraintes réglementaires sont exigeantes et nous avons mis environ un an pour lancer la structure. Nous avons déjà collecté environ 18 millions d’euros. L’objectif est de passer la barre des 50 millions d’euros d’encours avant fin juin, une centaine de millions à la fin de l’année et un milliard d’euros d’ici trois ans. Pour tenir ces objectifs, nous avons délibérément donné à notre structure une dimension institutionnelle dès son lancement, avec des actionnaires prestigieux.
Après la hausse du début de l’année et l’accalmie sur le front de la crise des dettes souveraines, en partie liée à l’effet LTRO, les inquiétudes reviennent sur les marchés actions. Qu’attendez-vous pour les prochains mois ?
A.L : A court terme et d’un strict point de vue technique, nous sommes plutôt haussiers. Certaines valeurs restent décotées et ont battu le consensus à l’occasion de la publication de leurs résultats trimestriels mais les indicateurs de conjoncture au niveau mondial ne plaident guère en faveur d’un rebond durable à moyen terme. Le deuxième semestre sera difficile
Propos recueillis par Julien Gautier
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