Ali Bongo veut prolonger le bail familial à la tête du Gabon

le , mis à jour à 21:50
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    par Gerauds Wilfried Obangomé 
    LIBREVILLE, 27 août (Reuters) - Les électeurs gabonais 
étaient conviés aux urnes ce samedi pour un scrutin présidentiel 
susceptible de constituer le plus grand défi à ce jour pour le 
chef de l'Etat sortant, Ali Bongo, dont la famille dirige le 
pays depuis près d'un demi-siècle. 
    Agé de 57 ans, il a succédé en 2009 à son père Omar Bongo, 
mort après 42 années au pouvoir, et a remporté l'élection 
organisée la même année. 
    Le système électoral en vigueur favoriserait plutôt le 
sortant, mais l'unité de l'opposition pourrait avoir raison de 
l'avantage institutionnel dont bénéficie Ali Bongo après les 
décennies passées par sa famille au pouvoir. Le scrutin se 
jouant sur un seul tour, c'est le candidat arrivé en tête qui 
est élu.  
    Lors de la dernière présidentielle, en 2009, Ali Bongo 
l'avait emporté avec 41,73% des suffrages. Mais il faisait face 
alors à une opposition éclatée avec pas moins de 22 adversaires. 
Cette année, ils ne sont que neuf à lui contester le pouvoir. 
    Son principal adversaire est un diplomate chevronné, 
l'ancien ministre des Affaires étrangères Jean Ping qui fut 
l'allié et le protégé d'Omar Bongo. Agé de 73 ans, il a 
notamment occupé les fonctions de président de la commission de 
l'Union africaine et de président de l'Assemblée générale des 
Nations unies. 
    Les bureaux de vote devaient fermer leurs portes à 18h00 
locales (17h00 GMT) mais plusieurs sont restés ouverts en raison 
de la forte affluence, a annoncé à la presse le président de la 
commission électorale, René Aboghé Ella. Les résultats ne sont 
pas attendus avant lundi ou mardi.  
    Les frontières, terrestres et maritimes, ont été fermées 
vendredi à minuit et le resteront jusqu'à samedi minuit. 
     
    LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ 
    Durant la campagne, Jean Ping, qui a pris ses distances avec 
Ali Bongo et a quitté le parti au pouvoir en 2014, a misé sur le 
mécontentement né de la stagnation du niveau de vie dans ce pays 
pétrolier, qui compte moins de deux millions d'habitants. 
    "Le jour de gloire est arrivé et nous nous préparons, ainsi 
que vous pouvez le voir, à célébrer notre victoire", a-t-il dit 
peu après avoir voté à Libreville. 
    Le Gabon, qui vient de réintégrer cet été l'Opep, après 
l'avoir quitté voici une vingtaine d'années, a un PIB par tête 
d'habitant de 10.000 dollars (8.930 euros) par an, ce qui en 
fait l'un des pays les plus riches d'Afrique. Près d'un tiers de 
sa population, toutefois, vit en dessous du seuil de pauvreté. 
    "Je veux lancer une lutte sans merci contre la pauvreté. 
Elle doit disparaître de notre pays, et je ne m'arrêterai pas 
tant que je n'y serai pas parvenu", a affirmé jeudi Ali Bongo, 
dans les faubourgs de Libreville.  
    Samedi, après avoir voté, il s'est dit confiant dans l'issue 
du scrutin. 
 
 (Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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