Algérie-Nouveaux ministres des Finances et de l'Energie

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    ALGER, 11 juin (Reuters) - Le président algérien Abdelaziz 
Bouteflika a procédé samedi à un remaniement ministériel qui 
concerne notamment les postes de l'Energie et des Finances, 
alors que la diminution des recettes tirées du pétrole et du gaz 
pèse sur les finances de l'Etat. 
    Nouredine Bouterfa, le PDG de la société publique Sonelgaz, 
est nommé ministre de l'Energie en remplacement de Salah Khebri, 
tandis que le ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, est 
remplacé par l'actuel ministre délégué chargé du budget, Hadji 
Baba Ammi. 
    Il s'agit du cinquième remaniement du gouvernement du 
Premier ministre Abdelmalek Sellal depuis sa nomination en 2012. 
Salah Khebri et Abderrahmane Benkhalfa n'étaient en poste que 
depuis un an. Ils étaient entrés au gouvernement lors du dernier 
remaniement en mai 2015. 
    La raison du remaniement n'a pas été précisée mais il 
intervient à un moment où des vues divergentes se sont exprimées 
sur la façon de relancer la croissance économique. 
    L'Algérie a pris un certain nombre de mesures pour s'adapter 
à la baisse des prix des hydrocarbures, avec notamment le 
relèvement des prix de l'électricité et des carburants, une 
réduction des projets d'infrastructures et une réduction des 
dépenses budgétaires. 
    Le débat est vif entre les réformateurs qui souhaitent 
rendre l'économie algérienne moins dépendante des recettes liées 
 à l'exploitation des hydrocarbures et la vieille garde qui 
souhaite conserver un système économique dominé par l'Etat. 
    L'incertitude est renforcée par les interrogations autour du 
sort du président Abdelaziz Bouteflika. Certains anticipent une 
démission du chef de l'Etat avant la fin de son mandat prévue en 
2019. 
    Autre changement annoncé samedi : la création d'un poste de 
ministre délégué chargé de l'Economie numérique et de la 
modernisation des systèmes financiers qui est confié à 
Mouatassem Boudiaf. Celui-ci est expert en économie numérique et 
en systèmes bancaires, précise l'agence de presse officielle, 
Algérie Presse Service. 
    Dans un communiqué distinct, la présidence annonce aussi la 
nomination de l'ancien ministre des Affaires étrangères Boualem 
Bessaiah comme ministre d'Etat, Conseiller spécial et 
représentant personnel du président de la République. 
    Le mois dernier, le président Bouteflika a limogé le 
président de la banque centrale, Mohammed Laksaci, qui occupait 
son poste depuis plus de dix ans. Ce dernier avait été critiqué 
pour sa gestion de la baisse des cours du pétrole.   
    Le pétrole et le gaz représentent 60% du budget de l'Etat et 
près de 95% des exportations de l'Algérie. Les réserves de 
changes s'élèvent à environ 140 milliards de dollars (124 
milliards d'euros) mais elles sont en baisse. Les recettes 
tirées de l'énergie ont diminué d'environ 50% en 2015.     
 
 (Hamid Ould Ahmed; Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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