Algérie-Démission du secrétaire général du FLN

le
0
    ALGER, 23 octobre (Reuters) - Amar Saadani, le secrétaire 
général du Front de libération nationale (FLN), le parti au 
pouvoir en Algérie, a démissionné samedi, quelques semaines 
après avoir accusé deux hautes personnalités algériennes d'avoir 
été des agents français. 
    Le numéro un du FLN, qui est un proche du président 
Abdelaziz Bouteflika, est coutumier des critiques envers les 
opposants, mais, en critiquant ouvertement les anciens de la 
guerre d'indépendance contre la France, il a franchi une ligne 
jaune, selon les analystes politiques. 
    L'Algérie est toujours dirigée par la génération de ceux qui 
ont lutté pour l'indépendance contre la France, à commencer par 
le président Bouteflika, 79 ans et le FLN domine la vie 
politique algérienne depuis l'indépendance en 1962. 
    En présentant sa démission samedi devant les membres du FLN, 
Amar Saadani, qui est âgé de 66 ans, a invoqué des raisons de 
santé. Il est remplacé par Djamel Ould Abes, 82 ans, un médecin 
proche de Bouteflika. 
    Début octobre, Amar Saadani avait accusé le général Mohamed 
Mediène, qui fut pendant 25 ans le patron du Département du 
renseignement et de la sécurité (DRS), les services de 
renseignements algériens et l'ancien Premier ministre Abdelaziz 
Belkhadem, conseiller du président, d'avoir été autrefois des 
agents français. 
    Mohamed Mediène, qui est âgé d'environ 76 ans, n'a pas réagi 
à ces accusations. Il a été à la tête du DRS jusqu'en 2015. 
  
    Abdelaziz Belkhadem a nié ces accusations dans la presse. 
    Le président Bouteflika a dissous début 2016 le DRS et créé 
un nouvel organisme, le Département de surveillance et de 
sécurité (DSS), qui dépend directement de la présidence, pour 
notamment limiter l'influence de l'armée dans la vie politique 
algérienne.   
    Des élections législatives doivent se tenir en Algérie l'an 
prochain. 
    "Le FLN, dont le véritable patron est Bouteflika, voulait 
s'assurer que les militants suivent ses instructions pour les 
prochaines élections", commente un dirigeant du FLN. "Or Saadani 
 semblait avoir pris son autonomie."    
 
 (Lamine Chikhi; Danielle Rouquié pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant