Alexis Tsipras dénonce les "initiatives unilatérales" de l'UE

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TSIPRAS DÉNONCE "LES INITIATIVES UNILATÉRALES" DE L'UE
TSIPRAS DÉNONCE "LES INITIATIVES UNILATÉRALES" DE L'UE

ATHENES/BERLIN (Reuters) - C'est à l'Eurogroupe, et non à la Grèce, de mettre fin à ses "initiatives unilatérales" et de respecter ses engagements, a déclaré mercredi le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, alors que le Parlement de son pays s'apprête à se prononcer sur le plan anti-austérité et de "crise humanitaire" du gouvernement grec.

Le commissaire européen à l'Economie, Pierre Moscovici, a souligné que la Grèce devait rester dans la zone euro mais seulement aux conditions décidées par les ministres des Finances de l'Eurogroupe le 20 février, quand Athènes a demandé une extension de son plan de sauvetage en échange de réformes.

La Grèce n'a pas vraiment progressé sur la mise en oeuvre de ces réformes depuis l'accord avec l'Eurogroupe et les responsables de la zone euro souhaitent qu'Athènes accélère la mise en place de ces décisions, dans la mesure où le pays risque d'être à court de fonds d'ici la fin du mois.

"L'Union européenne dans son ensemble veut que la Grèce soit dans la zone euro. Nous y sommes fermement attachés. Je suis convaincu qu'une sortie de la Grèce serait plus qu'un dégât important pour la zone euro (...), principalement d'un point de vue politique", a déclaré Pierre Moscovici lors d'une conférence de presse.

"Bien sûr, nous devons faire cela en réunissant les conditions qui soient acceptables pour les deux parties. Elles sont inscrites dans les engagements pris le 20 février à l'Eurogroupe. C'est notre feuille de route commune et elle doit être remplie. La Grèce doit rester dans la zone euro (...), mais à ces conditions-là", a-t-il insisté.

"NOUS N'AURONS PAS PEUR"

Pour Alexis Tsipras, la loi "de crise humanitaire" qu'il présente au Parlement et qui prévoit notamment de ne pas faire payer l'électricité aux foyers les plus pauvres, est le premier texte législatif rédigé depuis cinq ans par les autorités grecques et non imposé par les "technocrates" de l'Union européenne.

"S'ils agissent ainsi pour nous faire peur, la réponse est : nous n'aurons pas peur!", a-t-il dit au Parlement. "Le gouvernement grec est déterminé à respecter l'accord du 20 février. Toutefois, nous exigeons la même chose de la part de nos partenaires. Qu'ils arrêtent leurs initiatives unilatérales et qu'ils respectent l'accord qu'ils ont signé".

Alexis Tsipras a sollicité une réunion avec les principaux dirigeants européens et notamment avec le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, en marge du Conseil européen de jeudi et vendredi à Bruxelles.

Mercredi soir, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a décidé d'organiser une telle réunion à laquelle participeront les dirigeants allemand, français, celui de la BCE, celui de la Commission européenne ainsi que le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

Le chef du gouvernement grec souhaite aussi que le président François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, participent à cette réunion.

L'Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro a étendu de quatre mois, jusqu'à fin juin, les mesures liées au plan de sauvetage du pays, mais Alexis Tsipras veut que les dirigeants politiques de l'UE prennent une décision à plus long terme en ce qui concerne l'avenir de son pays.

(Costas Pitas et Caroline Copley, Guy Kerivel pour le service français)

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