Alexander Mronz (Tocqueville BMG Finance) : « Notre fonds est investi à 80% dans les énergies alternatives»

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L’environnement mobilise la classe politique avec l’adoption du Grenelle à l’Assemblée nationale mais aussi les gérants de fonds. Alexander Mronz, gérant de Tocqueville BMG Environnement chez BMG Tocqueville Finance, nous livre son opinion sur un secteur disposant d’excellentes perspectives, à condition que les marchés retrouvent un peu de sérénité.

Quelles sont les caractéristiques du fonds Tocqueville BMG Environnement ?

Alexander Mronz : Nous investissons aussi bien dans les valeurs dédiées au traitement de l’eau ou des déchets et dans les énergies alternatives (pas dans les bio-carburants). L’essor du solaire et de l’éolien rend ce secteur particulièrement incontournable. Cette thématique représente près de 80% de la composition du fonds. Nous nous concentrons sur des « pure players » réalisant au moins 75% de leur chiffre d’affaires dans des activités liées directement à l’environnement. Nous n’avons donc pas par exemple General Electric en portefeuille alors même que le groupe américain est l’un des leaders mondiaux dans le dessalement de l’eau.

Alors, sur quels critères choisissez-vous vos "pure players" ?

A.M : Le fonds, composé aujourd’hui de 36 valeurs, est éligible au PEA, ce qui signifie qu’au moins 75% des valeurs le composant sont d’origine européennes. Nous sélectionnons de préférence des leaders technologiques au détriment de simples installateurs qui génèrent moins de marges. Dans les secteurs comme le solaire et l’éolien, cela ne constitue pas un problème. Les sociétés allemandes, notamment dans la conception des panneaux photovoltaïques, disposent d’une vraie expertise technologique.

Quelles sont vos valeurs favorites cotées à Paris ?

A.M : Citons Veolia Environnement et Suez Environnement dans le traitement de l’eau, des déchets et le service aux collectivités. Les deux acteurs occupent des positions de leader mondiaux. Aujourd’hui, Veolia doit faire face à des difficultés de financement mais les deux sociétés ne représentent environ que 2,5% de la composition du fonds. L’impact de la baisse du titre Veolia lundi dernier reste donc limité.

Et une valeur comme Theolia dans l’énergie éolienne ?

A.M : Nous ne sommes pas investis sur cette valeur. L’ancien management semblait privilégier l’accroissement du parc d’éoliennes à tout prix. C’est un secteur encore jeune et nous préférons miser sur des entreprises mettant l’accent sur la recherche afin de faire baisser les coûts de production de l’énergie. A titre d’exemple, nous avons en portefeuille le producteur de cellules solaires allemand Q.Cells qui investit 25% de son cash-flow disponible dans la recherche.

Subissez-vous des mouvements de décollecte dans le contexte actuel et pensez-vous que le paroxysme de la crise financière est derrière nous ?

A.M : Nous n’avons pas subi de mouvements de décollecte. Avec un marché qui a déjà beaucoup baissé, il est un peu tard pour sortir et je pense que le pic de la crise a été franchi il y a une semaine. Mais il faut bien comprendre que les problèmes énergétiques sont décorrélés de l’évolution de la conjoncture même si la crise du crédit pénalise inévitablement les entreprises du secteur qui ont des taux d’investissement élevés. Aucune société présente dans les énergies alternatives n’a enregistré pour le moment d’annulations de commandes. Aujourd’hui, 60% de notre énergie en Europe est importée et le problème du réchauffement climatique oblige de toute façon à investir fortement dans ce domaine.

Quelles sont vos performances depuis le début de l’année par rapport à celles de l’indice de référence et plus précisément depuis la faillite de Lehman Brothers ?

A.M : Depuis la création du fonds en mars 2007, nous faisons mieux que l’indice de référence, le DJ Stoxx 600, mais moins bien depuis l’aggravation de la crise il y a un mois. Dès que les marchés reprennent un peu de sérénité, nous surperformons l’indice. Il est vrai que les mouvements de panique que nous venons de traverser affectent plus durement les valeurs moyennes. Or, la plupart des sociétés dans lesquelles nous investissons ont une capitalisation boursière comprise entre 1 et 4 milliards d’euros.

Propos recueillis par Julien Gautier


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