Alex Bourgeois, le Billy Beane du foot brésilien

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Avec lui, c'est des chiffres et des chiffres. Le Franco-Brésilien entend bien comprendre et expliquer le football auriverde à coups d'algorithmes pour le révolutionner, façon Moneyball. En attendant, il achète et vend des joueurs inconnus pour le compte d'un fonds d'investissement étroitement lié à Santos.

Défenseur gauche titulaire de la sélection chilienne, Eugénio Esteban Mena est un parfait inconnu en Europe, où il n'a encore jamais joué. Pourtant, d'après un mathématicien franco-brésilien, Alex Bourgeois, l'intéressé a le rendement d'un bon latéral-gauche européen. "Les numéros prouvent que Mena réussit 75% de ses passes aux endroits critiques du terrain. Par ailleurs, il ne se blesse que très rarement. Il a disputé 84% des matchs de la dernière saison. En plus, il ne vaut que 3,5 millions de Dollars US", expliquait-il en 2013 au journal brésilien Espaço Negocios. Quelques semaines plus tôt, il convainquait le président de Santos de recruter le Chilien avec les mêmes arguments. Comme prévu, le joueur est fiable. Sans être extraordinaire, il se fait une place sur l'aile gauche de la défense santista et ne squatte quasiment jamais l'infirmerie du club, qu'il ne quittera que pour aller plus haut, à Cruzeiro, avec qui il va jusqu'à participer à la Copa Libertadores.

"Le but n'importe pas, car il est trop aléatoire"


Pourquoi Alex Bourgeois a insisté auprès de Santos et pas un autre club pour leur refiler le défenseur anonyme de l'Universidad Chile ? En fait, le Français, travaille pour le fonds d'investissement Teisa, composé de trente riches supporters du Peixe, partenaire exclusif de l'ancienne équipe de Neymar. Le mathématicien achète et revend des joueurs pour l'entreprise qui prospère au pays du TPO (Teisa a touché près de 50% du montant du transfert de Mena de Santos à Cruzeiro), avec un seul et unique support, les chiffres. Car s'il part du principe que le football n'est pas une science, Bourgeois estime qu'en tenant compte des bonnes statistiques, il est possible d'évaluer la valeur sportive et marchande d'un joueur. Parmi ces données, le but n'est pas pris en compte. "Le but n'importe pas, il est trop aléatoire. Tu peux rater ton tir et trouver la tête d'un défenseur qui détournera le ballon dans le but. À l'inverse, tu peux bien frapper et voir le ballon taper le poteau et rouler sur la ligne sans entrer." Pour son Moneyball du football, l'ancien exécutif de la Société Générale au Brésil préfère se concentrer sur la faculté qu'a un joueur à se créer des occasions. Pareil pour le nombre de passes réussies. Souvent sorti par les commentateurs et autres data-journalistes, le chiffre est intrinsèquement inutile d'après…


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