Alessandro Baricco à la noce

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Dans « La Jeune Epouse », envoûtant roman de l’écrivain italien, une femme est accueillie par la famille de son fiancé. Commencent alors d’étranges rituels initiatiques.

La Jeune Epouse (La Sposa Giovane), d’Alessandro Baricco, traduit de l’italien par Vincent Raynaud, Gallimard, « Du monde entier », 224 p., 19,50 €. Signalons, du même auteur, la parution en poche de Trois fois dès l’aube (Tre volte all’alba), traduit de l’italien par Lise Caillat, Folio, 128 p., 5,90 €.

La distance et l’attente constituent toujours une formidable matière littéraire, ouvrant la possibilité de nombreuses surprises. Alessandro Baricco en fait la démonstration dans La Jeune Epouse, son très beau nouveau roman, où la perspective d’un événement espéré et redouté à la fois entraîne les personnages vers des directions imprévisibles, en les obligeant à mettre à nu leurs sentiments et leurs secrets.

L’histoire se déroule quelque part en Italie du Nord, au début du XXe siècle. Une jeune femme de 18 ans, à peine débarquée d’Argentine, se présente dans une grande maison familiale, où son fiancé doit l’accueillir pour l’épouser. Mais le futur mari est en voyage en Angleterre, et personne ne semble en mesure d’indiquer la date de son retour. Pour la « jeune épouse » commence alors une longue attente, durant laquelle elle observe les règles et rituels de cette étrange famille où l’on craint la nuit, où « l’infélicité n’est pas la bienvenue » et où les livres sont interdits. « Tout est déjà dans la vie, si l’on prend la peine de l’écouter, et les livres nous distraient inutilement de cette tâche », explique Modesto, le vieux et prévoyant majordome, qui est le gardien et la...

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