"Alerte rouge" sur le climat, juge Fabius avant la COP22

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    PARIS, 6 novembre (Reuters) - Laurent Fabius, ancien 
ministre français des Affaires étrangères et artisan de l'accord 
de Paris sur le climat, crie à l'"alerte rouge" dans une 
interview accordée au Journal du dimanche à la veille de 
l'ouverture à Marrakech de la 22e conférence des parties à la 
convention climatique des Nations unies (COP22). 
    "Notre maison continue de brûler. Et il y a même alerte 
rouge, car les chiffres et les réalités restent très 
inquiétants", déclare le désormais président du Conseil 
constitutionnel français. 
    Par rapport à l'époque préindustrielle, la température 
globale de la planète en 2015 a déjà augmenté de 1°C.  
    "En intégrant les engagements pris à Paris, elle risque 
d'augmenter de 1,5°C dès 2030 et de 2°C dès 2050. Comment, dès 
lors, parvenir à rester sous les 2°C en 2100?" fait-il valoir. 
    Il estime que les propos "climato-populistes" de Donald 
Trump aux Etats-Unis et d'autres rendent le tableau encore plus 
sombre et nécessite des actions encore plus fortes et rapides.  
    "Beaucoup va se jouer en Asie avec le développement ou au 
contraire le recul du charbon", ajoute-t-il. 
    Les engagements pris à la COP21, à Paris, en décembre 2015, 
par les pays participants, ne permettront, selon les calculs des 
scientifiques, que de limiter le réchauffement climatique à 3°C. 
    "Il faut rapidement des efforts supplémentaires" pour tenir 
l'objectif de l'accord de Paris, c'est-à-dire 2°C maximum, voire 
1,5°C, souligne Laurent Fabius. 
    L'objet de la conférence de Marrakech est précisément la 
mise en oeuvre des objectifs de l'accord de Paris, qui est entré 
en vigueur officiellement vendredi.   
    Il faudrait notamment pour cela atteindre l'objectif de zéro 
émission nette de CO2 en 2050. 
    Or "aujourd'hui, malgré le spectaculaire développement des 
énergies vertes, 82% de l'énergie mondiale est encore produite 
par les énergies fossiles", explique Laurent Fabius: "31% pour 
le pétrole, 29% pour le charbon et 22% pour le gaz naturel."  
    "En parallèle de la transition énergétique, nous devons 
trouver des solutions technologiques comme le stockage du 
carbone. C'est une course contre la montre", ajoute-t-il. 
    Il veut promouvoir en 2017 l'idée d'un "pacte mondial pour 
l'environnement" sur le modèle des pactes internationaux adoptés 
en 1966 par l'Onu sur les droits civils et politiques et sur les 
droits économiques, sociaux et culturels.  
    "Il manque un pacte dans le domaine environnemental, un 
traité reconnaissant un certain nombre de droits: droit à un 
environnement sain, droit à l'information sur le climat, 
obligation de prévention, participation du public, droit à 
réparation s'il y a des dommages", explique l'ancien chef de la 
diplomatie française. "Tout citoyen pourrait faire valoir ces 
principes si nécessaire en justice." 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Henri-Pierre André) 
 
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  • charleco il y a un mois

    Alerte rouge sur Fabius!