Alerte enlèvement Pierre Camou

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Alerte enlèvement Pierre Camou
Alerte enlèvement Pierre Camou

Muet ces derniers mois, Pierre Camou n'a pas pris le soin de s'exprimer après la déroute du XV de France contre la Nouvelle-Zélande. Le président de la FFR est montré du doigt avant les prochaines élections fédérales.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL A CARDIFF

Homme de soixante-dix ans, chauve, grand, bien portant avec un accent chantant du Pays basque. Si vous reconnaissez cet homme, prévenez-vous car il pourrait s'agir de Pierre Camou. Vous n'avez malheureusement pas eu la chance de voir beaucoup son visage à la télévision ou en photo ni d'entendre sa voix pendant la Coupe du monde. Et même après la raclée du XV de France contre la Nouvelle-Zélande (62-13) samedi à Cardiff. C'est pourtant du président de la Fédération Française de Rugby dont il s'agit. Ce banquier de profession est avare de grands discours. « Mes paroles sont rares », dit-il souvent aux demandes d'interview. On aurait pourtant aimé l'entendre. Jamais il ne l'a fait depuis cet été ni lors du Mondial. Pas même au diffuseur officiel de la compétition qui l'avait pourtant sollicité. Après une telle raclée historique contre les Blacks, on espérait sans trop y croire que l'homme fort de la FFR allait enfin s'exprimer. En vain.

Dans les travées du Millennium Stadium quelques minutes après le coup de sifflet final, il est passé sans s'arrêter devant les journalistes en zone mixte. Dimanche matin, on l'a vu, comme souvent, fumer devant l'hôtel des Bleus à Newport, avant de monter dans le bus avec le reste de la délégation française. Direction Londres pour s'envoler vers Paris comme si de rien n'était. Et c'est sans doute ça le plus inquiétant. Car l'heure est grave après cet énorme fiasco. Jamais la France n'avait paru aussi loin des meilleures nations mondiales après cette élimination dès les quarts de finale (seulement la deuxième fois après 1991) en prenant une marée noire quatre-vingt minutes durant. Evidemment, la responsabilité de Philippe Saint-André est bien engagée après quatre années ratées et le plus mauvais bilan d'un sélectionneur français. Mais au moins PSA a en partie assumé son échec. Et il a eu le courage, la décence au moins, de répondre en conférence de presse et en zone mixte samedi soir, puis sur TF1 dimanche matin.

Laporte : « On ne le voit pas, on ne l’entend pas et on ne sait pas ce qu’il en pense »

Ce n'est malheureusement pas le cas de son patron. Pas plus d'ailleurs que de Serge Blanco, l'homme qui déclarait de manière assez hallucinante cette semaine : « Je ne fais rien et je ne veux surtout rien faire. » Car à un an des prochaines élections fédérales, il ne faudrait pas que cet accident industriel ne ternisse son image. C'est pourtant lui qui avait choisi PSA, après le refus de Guy Novès, pour remplacer Marc Lièvremont en 2011. Mais une telle déroute fait évidemment tâche dans l'éventuelle course à un troisième mandat. Bernard Laporte, candidat déclaré et homme de médias, n'en demandait sans doute pas tant de la part de Camou « qu'il adore »... « On ne le voit pas, on ne l’entend pas et on ne sait pas ce qu’il en pense, a commenté le manager toulonnais à nos confrères de RMC Sport. Il faut changer tout ça. Il faut une véritable révolution en profondeur du rugby français. Sans quoi on n’y arrivera pas, c’est une certitude. »

Evidemment, son président au RCT, Mourad Boudjellal, ne dira pas le contraire. « Moi, au niveau de mon club, quand ça ne va pas on m’entend, nous a-t-il expliqué dimanche. C’est le rôle du patron ! Où ils sont ? On n’est pas président des victoires, on est président des victoires et des défaites. Je pense surtout que les gens qui sont en place ne maîtrisent pas du tout la problématique du rugby. Mais vraiment pas… Ils sont à l’extérieur du quotidien des clubs, du quotidien du marché, du quotidien des besoins. » Contre cette fédération qu'il qualifie « de monde amateur », le président du RCT entend, bien, lui se faire entendre. La lutte de pouvoir s'annonce intense. Et capitale aussi. Car c'est bien d'une révolution dont a besoin le rugby français pour relancer un XV de France à la dérive depuis de trop nombreuses années. Et pas seulement d'un grand stade.

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