Alerte du contrôleur général sur les conditions de vie en prison

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LE CONTRÔLEUR GÉNÉRAL ALERTE SUR LES CONDITIONS DE VIE EN DÉTENTION
LE CONTRÔLEUR GÉNÉRAL ALERTE SUR LES CONDITIONS DE VIE EN DÉTENTION

PARIS (Reuters) - Le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, a appelé mercredi de ses voeux un travail législatif pour améliorer les conditions de vie en prison, au moment où l'Assemblée examine le projet de réforme pénale porté par Christiane Taubira.

Les députés devaient attaquer mercredi en fin d'après-midi l'examen des articles et des amendements de ce texte controversé, qui vise à développer les alternatives à la prison et le suivi des condamnés pour mieux lutter contre la récidive.

Quelque 800 amendements ont été déposés, dont les trois quarts par l'UMP.

"C'est très bien de développer l'aménagement des peines, mais j'insiste pour que des mesures législatives (...) contribuent aussi à améliorer les conditions de vie carcérales", a déclaré mercredi lors d'un point presse Jean-Marie Delarue, dont le mandat s'achève le 13 juin prochain.

"La question est : est-ce que le projet de loi actuel est susceptible de faire évoluer les conditions de vie carcérales?" s'est interrogé le contrôleur général des lieux de privation de liberté, sans y apporter de réponse.

Tout en saluant la philosophie du projet défendu par la ministre de la Justice, plusieurs associations ont déploré qu'il ne traite qu'à la marge la problématique de la vie en détention.

"La loi ne se préoccupe pas du tout de ce qui se passe en prison", déclarait récemment à Reuters Aline Daillère, de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat).

"Les personnes passent l'immense majorité de leur incarcération en cellule", ajoutait-elle, y voyant une forme d'"infantilisation" des détenus.

"LA PRISON LABOURE LES ÂMES"

Pour Jean-Marie Delarue, qui, à la tête de l'organisme de contrôle indépendant, a effectué depuis six ans 850 visites de lieux privatifs de liberté, "la question qui doit se poser pour la prison, c'est : comment est-ce qu'on en sort".

"Les conditions de vie carcérales en elles-mêmes sont une source de récidive", a-t-il dit mercredi. "La prison laboure les âmes, elle vous renverse, elle vous chamboule."

Le contrôleur déplore notamment qu'une minorité de détenus ait accès au travail, "pour des travaux sans intérêt" et une "très faible" rémunération.

L'obligation d'activité (travail, activité socio-culturelle ou formation) pour les détenus a pourtant été introduite dans la loi en 2009. Seuls 37,7% des incarcérés ont eu une activité rémunérée en détention en 2012, selon les chiffres de l'administration pénitentiaire.

Arrivé en fin de mandat, Jean-Marie Delarue, premier à occuper ce poste, estime que l'institution a "permis d'écouter l'inaudible".

Son successeur, qui devra être nommé par François Hollande, n'est pas encore connu. "Je ne voudrais pas que les activités s'arrêtent le 13 juin au soir", a déclaré mercredi Jean-Marie Delarue, rappelant qu'on avait mis sept mois à le nommer.

En théorie, tant qu'un nouveau contrôleur des lieux privatifs de liberté n'est pas désigné, l'institution ne pourra plus, à compter du 14 juin, mener de visites ni émettre de recommandations.

(Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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  • cesarski le mercredi 4 juin 2014 à 19:15

    il y a des personnes (les victimes) moins bien loties que ceux qui sont en tôle , la priorité c'est eux pas les truands

  • M1531771 le mercredi 4 juin 2014 à 18:44

    Les victimes, pensons aux victimes !

  • nanard83 le mercredi 4 juin 2014 à 18:43

    Si c'est pour dépenser , il vaudrait mieux augmenter le nombre de prisonselles seraient moins surchargées et on ne serait pas obligés de libérer des gens dangereux je vois l'utilisation de centaines de casernes inoccupées , en améliorant , bien entendu l'isolement et non le confort !!!

  • stelina le mercredi 4 juin 2014 à 18:22

    qui va payer ? Nous , pour ceux qui nous privent de tranquilite ?