Alerte de MSF sur un camp de réfugiés surpeuplé en Centrafrique

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MSF LANCE UNE ALERTE AU SUJET D?UN CAMP DE RÉFUGIÉS SURPEUPLÉ À BANGUI
MSF LANCE UNE ALERTE AU SUJET D?UN CAMP DE RÉFUGIÉS SURPEUPLÉ À BANGUI

BANGUI (Reuters) - Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé dimanche un appel à une aide d'urgence pour les 100.000 occupants du camp de réfugiés proche de l'aéroport de Bangui, entassés dans des conditions sanitaires déplorables après avoir fui les violences à caractère religieux en Centrafrique.

MSF dit recevoir chaque jour entre 15 et 20 nouveaux blessés, victimes des affrontements qui perdurent dans la capitale malgré le déploiement au début du mois de renforts militaires français et africains.

Les attaques des anciens rebelles de la Séléka, principalement musulmans, et, face à eux, de milices "anti-balaka" surtout chrétiennes ont fait plus de 1.000 morts et 400.000 déplacés à Bangui en décembre.

MSF rapporte que le camp de l'aéroport, qui s'étend sur des kilomètres à côte de la piste, ne dispose pas d'installations sanitaires adéquates et n'est pas assez approvisionné en nourriture et en eau car les agences de l'Onu sont débordées par l'ampleur de la situation.

"Si rien n'est fait au cours des deux prochaines semaines, une épidémie risque d'éclater", a déclaré Lindis Hurum, coordinatrice de l'ONG sur le camp. "MSF demande aux agences humanitaires d'accroître leurs actions."

En l'absence d'infrastructures, des milliers de familles s'abritent du soleil sous des cartons ou des tentes de fortune confectionnées à l'aide de couvertures et de bâtons.

Ces conditions n'ont cependant pas découragé des dizaines de milliers de personnes de venir chercher refuge au cours des dernières semaines à l'aéroport, où patrouillent des forces burundaises de la Misca, force de maintien de la paix de l'Union africaine (UA) et près duquel se trouve une base militaire française.

Dimanche, Bangui est restée calme pour le second jour consécutif, mis à part quelques pillages isolés. Des militaires français ont empêché de jeunes chrétiens du quartier nord de Boy-Rabe de s'attaquer à des musulmans du district voisin de Miskine, selon un journaliste de Reuters.

Paul-Marin Ngoupana, Julien Dury pour le service français

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