Alerte au gaz nauséabond de Paris à la côte anglaise

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UNE FORTE ODEUR DE GAZ NON TOXIQUE SUBMERGE PARIS
UNE FORTE ODEUR DE GAZ NON TOXIQUE SUBMERGE PARIS

PARIS (Reuters) - Un nuage de gaz nauséabond que le gouvernement affirme sans danger à faible dose a submergé la région parisienne dans la nuit de lundi à mardi et atteint le sud-est du Royaume-Uni, à la suite d'un incident chimique dans une usine de Seine-Maritime.

L'exploitation de l'usine Lubrizol de Rouen a été arrêtée et les premiers traitements pour tenter de stopper les émanations devraient intervenir mardi soir, a indiqué le préfet de Seine-Maritime, Pierre-Henry Maccioni.

La ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, a déclaré mardi soir, à son arrivée sur le site, que l'opération prendrait "peut-être plusieurs jours". "Je préfère que l'on prenne du temps plutôt que l'on prenne des risques", a-t-elle expliqué aux journalistes.

Les émanations de gaz étaient toujours actives mardi soir.

Pour Michèle Rivasi, députée européenne d'Europe Ecologie-Les Verts, l'inhalation du mercaptan n'est pas sans danger pour les personnes fragiles et les autorités ont failli au principe de précaution en n'alertant pas les riverains dès lundi.

Les odeurs de mercaptan ressenties de Rouen à Paris ont déclenché une vague d'appels de milliers d'habitants inquiets vers les services d'urgence.

Dans le Kent, au sud de Londres, les pompiers ont invité les habitants à laisser portes et fenêtres fermées en raison d'un nuage de gaz venu de France.

Pierre-Henry Maccioni a expliqué avoir demandé à la direction de l'usine de présenter un nouveau protocole détaillant le processus de neutralisation de la réaction chimique, qui s'est produite dans une cuve de 35 tonnes.

RISQUES "LIMITÉS"

"Nous devrions arriver à un accord pour commencer un premier traitement du contenu du bas dès cette nuit", a-t-il dit.

"Nous sommes arrivés à une solution qui limite très fortement" les risques, a-t-il ajouté, précisant que les résultats des six analyses effectuées aux abords du site étaient "tous négatifs".

Pour permettre ces opérations, le 16e de finale de la Coupe de France de football qui devait opposer mardi soir Rouen à l'Olympique de Marseille, a été reportée.

Des rejets peuvent en effet se produire pendant le processus de neutralisation et le stade, qui devait accueillir 10.000 personnes "à ciel ouvert", ne se trouve qu'à deux kilomètres de l'usine.

Le mercaptan, un composé soufré donnant des odeurs nauséabondes de sueur, d'ail, voire d'oeuf pourri, est associé au gaz de ville afin de permettre de sentir une fuite qui serait autrement inodore et d'éviter les accidents.

Il est classé dans la liste des produits "toxiques par inhalation" et "dangereux pour l'environnement".

EN DESSOUS DES SEUILS SANITAIRES

Mais les seuils auxquels sont soumis les riverains "sont très en dessous des seuils ayant un impact sanitaire", affirment les ministères de l'Intérieur, de l'Ecologie dans un communiqué.

"Le seuil sanitaire est en effet 20.000 fois supérieur à son seuil olfactif, expliquant les désagréments qui ont pu intervenir du fait d'odeurs incommodantes", expliquent-ils

Classée Seveso, l'usine Lubrizol de Rouen, créée en 1954, fabrique des additifs qui servent à enrichir les huiles, les carburants ou les peintures industrielles.

Pierre-Jean Payrouse, le directeur des opérations internes de l'usine Lubrizol, a expliqué sur RTL qu'il ne s'agissait pas d'une fuite mais d'un produit qui s'était décomposé dans une cuve en raison d'une "élévation anormale de température", pour des raisons qui n'ont pas encore été élucidées.

Selon lui, le produit rejeté est "non toxique" aux concentrations actuelles. "La meilleure preuve, c'est qu'il est utilisé pour les boules puantes", a-t-il dit.

Il a confirmé qu'un incident du même type s'était déjà produit dans l'usine dans les années 1990, précisant que les systèmes de sécurité et de traitement avaient été renforcés.

Michèle Rivasi regrette de son côté que les autorités soient parties du principe que la concentration en gaz était suffisamment basse pour ne pas déclencher d'alerte.

"Il ne s'agit là que d'un calcul lié à une valeur limite d'exposition pour des individus bien portants. La fiche toxicologique du méthanetiol (nom chimique du mercaptan) n'a rien de rassurant: il est toxique par inhalation", affirme-t-elle dans un communiqué.

Les habitants de Rouen ne semblent avoir ressenti l'odeur nauséabonde qu'assez tard, lundi soir, en raison de vents tourbillonnants. En outre, beaucoup se disent habitués aux odeurs émises par les entreprises locales.

L'Observatoire de la qualité de l'air normand dit cependant avoir reçu plus de 150 plaintes.

Julien Ponthus et Gérard Bon, avec Marc Parrad à Rouen, édité par Sophie Louet

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  • md24750 le mercredi 23 jan 2013 à 06:07

    Pas de panique : en haut lieu ils disent que ce n'est pas dangereux ! ....comme Tchernobyl certainement !

  • nayara10 le mardi 22 jan 2013 à 23:53

    Les boîtes de Cassoulet ne sont pas classées Sevezo ..Ce n'est pas marquée....

  • jbellet le mardi 22 jan 2013 à 22:17

    usine classé seveso.... ça craint