Alep-La bataille continue, le Conseil de sécurité se réunit

le , mis à jour à 22:41
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 (Actualisé avec réunion du Conseil de sécurité) 
    par Suleiman Al-Khalidi et Michelle Nichols 
    AMMAN, 25 septembre (Reuters) - L'aviation syrienne et 
l'aviation russe ont bombardé dimanche un camp stratégique au 
nord d'Alep, repris par les insurgés syriens qui en avaient 
perdu le contrôle la veille, ont rapporté les rebelles et 
l'armée de Bachar al Assad. 
    A l'initiative des Etats-Unis, de la France et de la 
Grande-Bretagne, le Conseil de sécurité des Nations unies a 
organisé dimanche une réunion publique lors de laquelle la 
représentante américaine a vivement attaqué la Russie, 
qualifiant notamment de "de barbarie" l'engagement russe au côté 
du régime de Damas.  
    "Ce que la Russie défend et ce qu'elle fait n'est pas du 
contre-terrorisme, c'est de la barbarie", a déclaré Samantha 
Powers. 
    "Au lieu de rechercher la paix, la Russie et Assad font la 
guerre. Au lieu d'aider à apporter de l'aide aux civils, la 
Russie et Assad bombardent les convois humanitaires, les 
hôpitaux et les sauveteurs", a-t-elle ajouté. 
    "L'heure est venue de dire qui mène ces frappes aériennes et 
qui tue des civils. La Russie dispose d'un siège permanent aux 
Nations unies, c'est un privilège et une responsabilité. 
Pourtant, en Syrie et à Alep, la Russie abuse de ce privilège 
historique", a dit Samantha Powers. 
    Les avions syriens et russes ont continué dimanche de 
pilonner des quartiers d'habitation d'Alep, détruisant des 
immeubles de la partie orientale aux mains des insurgés, ont 
déclaré des habitants et des rebelles. Plus de 250.000 civils 
sont pris au piège dans la partie orientale. 
    Les rebelles précisent que le régime soutenu par la Russie 
utilise des bombes d'une puissance accrue pour récupérer le camp 
d'Handarat, qui abrite des réfugiés palestiniens à quelques 
kilomètres au nord d'Alep et qui est situé sur des hauteurs 
surplombant un important axe routier. 
    "Nous avons repris le camp mais le régime l'incendie avec 
des bombes au phosphore. Nous avons pu nous protéger mais le 
bombardement a brûlé nos véhicules", a dit Abou al Hassanien, 
commandant de la cellule des opérations rebelles. 
    L'armée syrienne, appuyée par des milices iraniennes et des 
combattants de Hezbollah libanais, a reconnu avoir perdu le 
contrôle du camp. 
    Selon des habitants, les frappes aériennes qui visent l'est 
d'Alep depuis l'annonce de l'offensive jeudi sont plus intenses 
que jamais. Des dizaines de personnes ont trouvé la mort au 
cours des derniers jours. Selon l'Observatoire syrien des droits 
de l'homme (OSDH), au moins 45 personnes, dont dix enfants, ont 
péri samedi dans l'est d'Alep. L'armée syrienne, elle, assure ne 
viser que les insurgés. 
     
    NAPALM ET ARMES CHIMIQUES 
    Les frappes aériennes de samedi ont visé au moins quatre 
quartiers de la partie orientale, ont déclaré des responsables 
rebelles qui pensent que la majeure partie d'entre elles ont été 
menées par l'armée de l'air russe. Une vidéo d'un site bombardé 
montre d'énormes cratères de plusieurs mètres de profondeur et 
de largeur. 
    Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, qui avait réussi 
à obtenir une trêve après des mois d'intense diplomatie, a 
plaidé en vain cette semaine en faveur d'un arrêt des frappes 
aériennes russes. 
    Dans une interview diffusée dimanche, le secrétaire au 
Foreign Office, Boris Johnson, a jugé la Russie coupable de 
prolonger la guerre en Syrie et estimé qu'elle avait peut-être 
commis des crimes de guerre en visant un convoi d'aide 
humanitaire. 
    "La Russie est coupable de faire durer cette guerre et de la 
rendre encore plus atroce", a-t-il dit à la BBC. 
    Quant au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, 
il a condamné samedi une "effrayante escalade militaire" à Alep. 
    Pour les groupes rebelles soutenus par les Occidentaux, les 
bombardements des zones assiégées d'Alep rendent tout processus 
de négociations vain tant que les combats ne cesseront pas et 
qu'il n'y aura pas des livraisons d'aide humanitaire sous 
l'égide de l'Onu. 
    Dans une déclaration signée par plus de 30 groupes rebelles, 
dont la plus importante faction soutenue par la Turquie, les 
pays du Golfe et l'Occident, les insurgés estiment que les 
bombardements qui ont fait des dizaines de morts ces jours 
derniers sont "sans précédent" et rendent vain tout processus 
politique que pourrait chercher à relancer Moscou et Washington. 
    Les rebelles disent en outre dans leur déclaration ne pas 
pouvoir accepter que la Russie soit le parrain d'un processus de 
négociations, car elle soutient le régime de Damas "dans ses 
crimes contre notre peuple". Selon eux, les forces syriennes 
utilisent du napalm et des armes chimiques. 
 
 (avec Laila Bassam; Pierre Sérisier et Nicolas Delame pour le 
service français) 
 
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