Alep: L'Onu évoque des crimes de guerre de part et d'autre

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    GENEVE, 1er novembre (Reuters) - Toutes les parties 
impliquées dans la bataille d'Alep se livrent potentiellement à 
des crimes de guerre en menant des attaques aveugles contre des 
quartiers peuplés de civils, a déclaré mardi la porte-parole du 
Haut Commissariat de l'Onu pour les droits de l'homme (OHCHR). 
    "Toutes les parties à Alep mènent des combats qui ont pour 
conséquence un grand nombre de victimes civiles et créent une 
atmosphère de terreur parmi ceux qui continuent de vivre dans 
cette ville", a souligné Ravina Shamdasani lors d'un point de 
presse régulier. 
    La bataille d'Alep a éclaté après l'échec, le 19 septembre 
dernier, de l'accord de cessez-le-feu négocié par la Russie et 
les Etats-Unis. La grande ville du nord de la Syrie est divisée 
depuis l'été 2012 entre forces pro-gouvernementales et rebelles. 
    Selon des estimations de l'Onu, quelque 250.000 à 275.000 
civils vivraient dans Alep-Est, la zone tenue par les rebelles 
et défendue par quelque 8.000 combattants. 
    La semaine dernière, les insurgés ont lancé une 
contre-offensive contre des secteurs d'Alep-Ouest pour tenter de 
briser leur encerclement. 
    Au cours du week-end, l'Onu a réuni des éléments attestant 
de la mort de plus de 30 civils, dont dix enfants, ainsi que des 
dizaines de blessés dans des frappes au mortier, à la roquette 
et au moyen d'autres engins explosifs sur la partie occidentale 
de la ville, a ajouté Ravina Shamdasani. 
    "Le recours présumé à des missiles au sol ainsi que 
l'utilisation de véhicules armés chargés d'explosifs dans une 
zone qui comprend plus d'un million d'habitants civils sont 
absolument inacceptables et susceptibles de constituer un crime 
de guerre", a-t-elle poursuivi. 
    Le nombre élevé de victimes civiles suggère que les rebelles 
ignorent le principe fondamental du droit humanitaire 
international prohibant les attaques aveugles de même que les 
principes de précaution et de proportionnalité, a souligné la 
porte-parole de l'Onu. 
    L'Onu note parallèlement que les forces gouvernementales 
syriennes et leurs alliés continuent de bombarder Alep-Est, avec 
au moins douze décès recensés parmi la population civile au 
cours des journées de samedi et dimanche. 
    "Les frappes contre des hôpitaux, des écoles, des marchés, 
des stations d'épuration d'eau et des boulangeries sont 
désormais courantes et, s'il est démontré qu'elles sont 
intentionnelles, pourraient constituer des crimes de guerre", a 
dit Shamdasani. 
    Dans un communiqué publié lundi, l'armée syrienne a affirmé 
que les tirs de roquettes et les bombardements chimiques des 
djihadistes du Front al Nosra et d'autres mouvements qualifiés 
de terroristes par Damas avaient fait 84 morts, essentiellement 
des femmes et des enfants, ces trois derniers jours à Alep. 
  
    L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) fait 
quant à lui état de 48 morts, dont 17 enfants, depuis le début 
de cette offensive. 
 
 (Tom Miles; Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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