Alcatel-Lucent rassure sur sa trésorerie, le titre flambe

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ALCATEL-LUCENT VISE UNE AMÉLIORATION DE SA MARGE EN 2012
ALCATEL-LUCENT VISE UNE AMÉLIORATION DE SA MARGE EN 2012

par Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - L'action d'Alcatel-Lucent s'envole vendredi en Bourse, l'équipementier télécoms ayant rassuré le marché en stoppant l'hémorragie de sa trésorerie au dernier trimestre et en signant ses premiers bénéfices depuis la fusion de 2006.

A l'échéance qu'il s'était fixé pour devenir une entreprise "normale" - en croissance, profitable et qui génère du cash - le groupe franco-américain a toutefois encore du chemin à faire.

"Nous n'avons pas atteint tous nos objectifs, c'est juste, mais il faut avancer et s'assurer qu'on y arrive le plus rapidement possible", a déclaré le directeur général, Ben Verwaayen, lors d'une conférence téléphonique.

A 11h35, le titre flambe de 15,8% à 1,7370 euros, signant la plus forte hausse du CAC 40, les investisseurs étant rassurés par le cash flow supérieur aux attentes dégagé sur les trois derniers mois de l'année.

En novembre dernier, Alcatel-Lucent avait été contraint de reporter d'un an son ambition d'atteindre un flux de trésorerie positif après avoir brûlé plus d'un milliard d'euros sur les neuf premiers mois de l'exercice.

Le groupe a stoppé l'hémorragie au quatrième trimestre, en dégageant un flux de trésorerie positif de 541 millions d'euros.

"Le cours va vraisemblablement en profiter car ce qui va probablement retenir l'attention, c'est l'amélioration du cash flow et du bilan", écrivent les analystes d'UBS dans une note. "Cependant nous pensons que l'environnement opérationnel reste délicat".

Dans un communiqué, le groupe se donne pour ambition d'atteindre un "niveau positif élevé de trésorerie nette" à la fin de l'année 2012 mais sans faire référence à l'objectif d'un flux de trésorerie libre positif mentionné en novembre dernier.

Alcatel pourrait bénéficier d'une "rentrée de cash significative" grâce au contrat de licence annoncé ce vendredi avec RPX Corporation en vue de valoriser son portefeuille d'environ 29.000 brevets, soulignent les analystes d'Oddo Securities qui ont relevé leur recommandation à "achat".

La société issue de la fusion d'Alcatel et de Lucent en 2006 compte par ailleurs dégager l'an prochain une marge d'exploitation ajustée supérieure à celle de 2011, tout en restant prudente sur l'ampleur de la progression au vu des incertitudes qui pèsent sur le niveau d'investissement de sa clientèle d'opérateurs télécoms.

Ces derniers ont investi massivement une bonne partie de l'année dernière pour mettre à niveau des réseaux confrontés à l'afflux des données des smartphones et autres tablettes.

L'ATTENTISME DEVRAIT PERDURER EN EUROPE

Dans un contexte de conjoncture dégradée, ils devraient cependant resserrer les cordons de la bourse cette année.

Au quatrième trimestre, Alcatel-Lucent a vu son chiffre d'affaires reculer de 11,2% à taux de changes constants, pénalisé par le net ralentissement de ses ventes en Amérique du Nord ainsi que par des baisses à deux chiffres enregistrées en Europe et dans la région Asie Pacifique.

Dans le même secteur, le suédois Ericsson a, lui, essuyé une chute de 41% de ses ventes en Amérique du Nord au quatrième trimestre, ce qui a réduit de moitié son bénéfice, et pronostiqué un plus grand attentisme des opérateurs.

Interrogé sur les tendances du secteur pour 2012, Ben Verwaayen a pour sa part estimé que la prudence observée en Europe risquait de perdurer.

"Nous avons un carnet de commandes très solide aux Etats-Unis", a-t-il en revanche précisé.

Sur l'ensemble de 2011, Alcatel-Lucent a plus que doublé son résultat d'exploitation ajusté à 610 millions d'euros, donnant une marge de 3,9% en ligne avec l'objectif d'environ 4% affiché par le groupe.

Cet objectif avait été abaissé de 5 à 4% en novembre, ce qui avait fait chuter le titre en Bourse, les investisseurs s'interrogeant sur la capacité de Ben Verwaayen à tenir les objectifs fixés dans le cadre de son plan de redressement.

A son arrivée en 2008, le dirigeant s'était donné trois ans pour redresser l'entreprise qui peine à générer profit et trésorerie depuis sa fusion avec Lucent.

Le groupe a atteint une partie seulement de l'objectif en dégageant sur l'ensemble de l'an dernier un résultat net publié de 1,095 milliard d'euros, mais qui s'explique pour moitié par un gain fiscal.

Le conseil d'administration d'Alcatel, qui a confirmé son objectif de 500 millions d'euros d'économies supplémentaires pour 2012, a recommandé de ne pas verser de dividende pour 2011.

Avec Leila Abboud et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot

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