Alcatel-Lucent ambitionne de rivaliser avec les meilleurs

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ALCATEL-LUCENT AMBITIONNE DE RIVALISER AVEC LES MEILLEURS
ALCATEL-LUCENT AMBITIONNE DE RIVALISER AVEC LES MEILLEURS

par Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Alcatel-Lucent peut aujourd'hui ambitionner d'atteindre à terme le même niveau de rentabilité que les meilleurs de la classe dans le secteur des équipementiers télécoms, estime son directeur général Ben Verwaayen.

Cette aspiration peut paraître ambitieuse pour un groupe dont certains investisseurs ont un temps douté des chances de survie et qui n'a dégagé ses premiers bénéfices que l'an dernier, cinq ans après la fusion de ses deux entités.

Même s'il admet que tous les objectifs n'ont pas été atteints, Ben Verwaayen suggère que l'entreprise a passé un cap après trois années de restructuration destinées à faire du groupe une entreprise "normale".

"Avons-nous des discussions avec nos clients sur la question de notre avenir ? Non. Sur celle de notre avenir financier ? Non. C'est terminé", a-t-il déclaré lors d'un entretien à Reuters.

Même s'il s'abstient de toute prévision chiffrée au-delà de 2012, le dirigeant, d'origine néerlandaise et ancien patron de l'opérateur BT, ne ménage pas ses ambitions pour Alcatel-Lucent.

"On voit certains de nos collègues dans le secteur atteindre des retours à deux chiffres", a déclaré Ben Verwaayen.

"Par définition, c'est donc dans l'art du possible (...) Entre là où nous sommes aujourd'hui et ces chiffres, il y a un chemin que nous devons parcourir dans les années à venir."

La marche sera pourtant haute à franchir.

Alcatel-Lucent a dégagé une marge opérationnelle de 3,9% l'an dernier, à comparer à 11,6% pour le suédois Ericsson tandis que le chinois Huawei a atteint le chiffre de 15,8% en 2010.

Le groupe franco-américain a dit viser une amélioration de sa marge cette année, mais sans communiquer d'objectif chiffré, alors qu'il s'était fixé un horizon de 5% à 9% en termes de marge dans le cadre de son plan triennal de redressement.

"C'était avant la crise, a souligné Ben Verwaayen. Ce qui est dans l'art du possible pour le secteur au vu de l'évolution de la conjoncture et du contexte concurrentiel est légèrement différent en 2012 de ce qu'il était en 2009."

Selon des experts du secteur, les opérateurs télécoms pourraient resserrer les cordons de la bourse cette année face à la dégradation de la conjoncture, aux dépens des équipementiers télécoms.

ENCORE DU CHEMIN À FAIRE

Dans ce contexte difficile, le groupe compte mettre les bouchées doubles pour boucler son plan de redressement qui devait initialement se terminer à la fin 2011.

A l'échéance qu'il s'était fixée pour devenir une entreprise "normale" - en croissance, profitable et qui génère du cash - Alcatel-Lucent a en effet encore du chemin à faire.

"Nous avons atteint presque tous nos objectifs. Nous ferons notre maximum pour nous assurer que cela soit accompli d'ici la fin 2012", a assuré Ben Verwaayen, qui a renoncé à l'attribution de stock-options et d'actions de performance pour 2012.

"J'ai eu le sentiment de ne pas avoir rempli le contrat, a-t-il expliqué. Le cours de Bourse a été chahuté pendant l'année et j'ai pensé que c'était la bonne décision à prendre."

Sous la houlette de Ben Verwaayen, le groupe a fait d'importants progrès pour surmonter ses faiblesses dans le mobile grâce à son offre de produits dans la 4G qui lui a permis de remporter d'importants contrats aux Etats-Unis, avec AT&T et Verizon notamment.

Il a également taillé dans ses coûts à hauteur d'un milliard d'euros en vue d'abaisser son niveau d'équilibre, en engageant notamment une rationalisation de son portefeuille de produits.

Ces progrès ont été salués en Bourse avec une certaine euphorie pendant la première partie de 2011, avant la douche froide des résultats du troisième trimestre qui ont montré une importante consommation de liquidité, ravivant les inquiétudes sur sa trésorerie et faisant chuter le titre.

Au quatrième trimestre, le groupe a en partie rassuré en stoppant l'hémorragie de son cash, ce qui a provoqué cette fois une envolée de l'action Alcatel.

"La réaction du titre a été massive à chaque fois", a commenté Ben Verwaayen. "Je pense que c'est la démonstration que le marché est toujours nerveux à notre sujet."

Au final, l'action Alcatel a perdu 44,6% de sa valeur en 2011, signant l'une des pires performances de l'indice CAC 40.

Le groupe pourra compter en 2012 sur le produit de la cession de sa pépite Genesys pour 1,5 milliard de dollars (945 millions d'euros) ainsi que sur un accord de licence destiné à monétiser son portefeuille de brevets.

"Nous serons plus robustes en 2012", a prédit Ben Verwaayen, dont le groupe table sur un niveau positif élevé de trésorerie nette à la fin de cette année.

Edité par Dominique Rodriguez

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