Alberto Contador revient au Tour de France en outsider

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ALBERTO CONTADOR SUR LES STARTING-BLOCKS
ALBERTO CONTADOR SUR LES STARTING-BLOCKS

par Gilles Le Roc'h

PORTE-VECCHIO, Corse-du-Sud (Reuters) - Alberto Contador aborde le Tour de France avec émotion, puisqu'il retrouve une course qui l'a fait champion mais dans laquelle il ne maîtrise plus son destin depuis 2009 et dont il n'est cette année pas le grand favori.

Quatre ans ont passé depuis sa victoire contre son équipier Lance Armstrong, deux ans après un premier succès.

Trois ans se sont écoulés depuis une troisième couronne, en 2010, retirée à la suite d'un contrôle positif au clenbutérol qui lui a valu deux ans de suspension, une mise à l'écart jusqu'en août 2012 et donc une absence du Tour gagné par Bradley Wiggins l'an dernier.

Certes, sa victoire dans le Tour d'Espagne, sa capacité à renverser la situation lors de la mémorable étape de Fuente De, ont témoigné une nouvelle fois de sa compétence.

Mais ces quatre années ont été longues. Cette année, Contador, longtemps invaincu dans les grands tours, semble obligé de gagner. Mais il n'affiche plus la même assurance.

Le principal fautif s'appelle Christopher Froome. Le leader du Team Sky a pris un malin plaisir à le dominer au Tour d'Oman, dans Tirreno-Adriatico puis dans le Critérium du Dauphiné malgré les offensives de l'Espagnol.

"C'est vrai, je ne suis plus le favori cette année, mais je préfère ce statut. Mon envie est de faire le mieux possible. Je considère mon retour dans la plus grande course du monde comme un défi", a dit Contador à la presse à deux jours du départ.

L'ATOUT ROGERS

"Froome est très fort cette saison mais si je pensais que je ne peux pas le battre, je ne serais pas ici", ajoute l'Espagnol, qui refuse aussi de réduire le Tour à une confrontation entre les deux grands favoris.

"Ce Tour ne sera pas un film avec deux acteurs, ce ne sera pas un duel parce qu'il y a beaucoup de coureurs capables de gagner", plaide-t-il.

"Nous ferons le point au soir du deuxième contre-la-montre. Ma stratégie sera décidée en fonction de ma situation au classement général mais je serai offensif si nécessaire. Je pense que ce sera un Tour plus mouvementé que l'an passé."

Ainsi trouvera-t-il peut-être la réponse au problème Froome dans un rôle de félin guettant sa proie.

Pour y parvenir, il a conscience de bénéficier d'un parcours propice aux attaques et du soutien d'une équipe forte, peut-être la plus solide qu'il ait jamais eue, avec Roman Kreuziger, Nicolas Roche ou Michael Rogers.

"Avoir une équipe aussi forte me donne de la tranquillité parce que je sais que je vais être porté au pied de la montagne en bonne position", dit-il.

"C'est un avantage évident. Michael Rogers est l'un de mes équipiers importants. Il a un gros palmarès, une grande expérience. Il sera notre capitaine de route et va nous guider pendant le Tour. Venant du Team Sky, il sait comment le combattre !"

"En revanche, il est souvent fait allusion à une possible coalition des coureurs espagnols. Les circonstances de course peuvent le décider mais je n'y crois pas. En 2011, dans le Giro, il avait été question d'une coalition italienne contre moi, mais je ne l'avais pas vue."

Edité par Gregory Blachier

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