Alan Stivell : « J'avais la sensation d'être en mission, il fallait sauver la culture bretonne »

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Alan Stivell : « J'avais la sensation d'être en mission, il fallait sauver la culture bretonne »
Alan Stivell : « J'avais la sensation d'être en mission, il fallait sauver la culture bretonne »

Le musicien et chanteur breton entame une tournée en France à l’occasion de la Saint Patrick. Il revient sur sa passion, « à la limite du pathologique », pour la culture celtique et raconte ce fameux concert de février 1972 à l’Olympia grâce auquel la Bretagne est devenue « à la mode ».

« Je ne serais pas arrivé là si…

… si je n’avais pas eu cette harpe celtique que mon père a construite sous mes yeux d’enfant et dont le son m’a emporté. Tout est parti de cette rencontre avec ce son magique qui fut comme une tornade, et a déclenché en moi une passion irrésistible pour tout ce qui représentait le monde celtique. Une passion à la limite du pathologique ! Je crois que je serais devenu fou si je n’avais trouvé des antidotes.

Vous faisiez vôtre le rêve de votre père…

Oui. Mais c’est lui qui a réalisé cet instrument mythique que le monde celtique associait toujours aux poètes. « On en a beaucoup parlé, eh bien faisons là ! », a-t-il décidé un jour en prenant les choses en main. Et lui qui n’était pas un professionnel, mais qui était habile de la tête et des mains, a réussi du premier coup ce qui aurait dû être le fruit de générations de luthiers. Il a fait un Stradivarius. J’en suis encore bouleversé.

Vous suiviez l’avancée de l’ouvrage ?

Comme un suspens ! Chaque soir après le dîner, mon père étalait ses outils sur la table de la salle à manger, et je regardais en silence. Cela a pris un an. Et le son de la première corde posée a marqué toute ma vie. J’avais 8 ans. J’ai alors attendu la deuxième corde. Puis la troisième. Et quand l’instrument a été terminé, j’ai réclamé un professeur. Personne, bien sûr, ne savait jouer de la harpe celtique. La tradition s’était perdue depuis des siècles en Bretagne où la musique se limitait au couple biniou-bombarde, avec...

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