Alain Juppé, vainqueur par défaut d'un débat très regardé

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    * Des sondages favorables au maire de Bordeaux 
    * L'ancien Premier ministre n'a pris aucun risque 
    * Cette première à droite a suscité la curiosité 
    * Près de six millions de personnes devant TF1 
 
 (Actualisé avec sondage Odoxa) 
    par Simon Carraud 
    PARIS, 14 octobre (Reuters) - Le premier débat entre les 
sept candidats à l'investiture présidentielle de la droite, 
suivi jeudi par 5,6 millions de personnes, a donné lieu à des 
échanges aigres-doux dont Alain Juppé apparaît par défaut comme 
le premier bénéficiaire. 
    Confirmé dans son statut de favori par tous les sondages 
récents, le maire de Bordeaux a respecté une stratégie élaborée 
à l'avance : camper sur ses positions et ne prendre aucun 
risque, quitte à paraître à certains moments effacé. 
    Les autres prétendants ont lancé quelques formules où 
résonnait l'écho de rancoeurs tenaces et décoché des flèches 
visant le plus souvent Nicolas Sarkozy, mais se sont gardés de 
déclencher des joutes susceptibles de causer des dégâts 
irréparables à moins de 40 jours du premier tour de la primaire. 
    "On va gagner", ont scandé les militants juppéistes réunis 
dans un bar après les deux heures et demie de direct. A quoi 
l'ex-Premier ministre a répondu : "Mais c'est pas fait". 
    "Je crois que je n'ai pas perdu", a-t-il toutefois estimé, 
résumant là l'enjeu de la soirée. 
    Selon deux enquêtes des instituts Elabe et Opinionway 
réalisées en fin d'émission, les téléspectateurs ont jugé le 
maire de Bordeaux le plus convaincant, devant Nicolas Sarkozy, 
Bruno le Maire et François Fillon.  
    Plus d'un tiers (35%) des personnes interrogées par Elabe 
citent le champion des sondages comme le gagnant de la soirée, 
et 21% l'ex-président.    
    Selon un sondage Odoxa pour France Info, la part des 
Français estimant qu'Alain Juppé est l'homme capable de faire 
gagner la droite à l'élection présidentielle, est passée de 55% 
à 60% après le débat.  
    Nicolas Sarkozy, déjà distancé avant la tenue du débat, 
seuls 20% des Français sondés estimant qu'il était en mesure de 
faire gagner la droite, perd dans le même temps deux points 
(18%). 
    D'autres candidats ont également tiré profit de l'exposition 
médiatique offerte par cet exercice, jusque-là inédit dans 
l'histoire de la droite française où l'on a davantage l'habitude 
de se ranger derrière un homme avant les grandes échéances. 
    La soirée a rassemblé 5,6 millions de téléspectateurs sur 
TF1, soit 26,3% de part d'audience, avec un pic d'audience à 6,5 
millions, selon les chiffres de Médiamétrie, sans compter les 
curieux réunis devant LCI ou à l'écoute de RTL. 
    En 2011, le premier débat entre candidats à la primaire de 
la gauche, retransmis sur France 2, avait attiré un peu moins de 
cinq millions de téléspectateurs. 
     
    LE CHAPITRE DES AFFAIRES 
    Le sénateur sarkozyste François Baroin a salué vendredi sur 
Europe 1 un débat qui n'a pas tourné au "pugilat", "ce qui est 
plutôt rassurant pour notre électorat". 
    "Toute la campagne se fait contre ou pour Nicolas Sarkozy, 
il n'y a pas vraiment d'intermédiaire. Donc il y a toujours un 
risque", ajouté François Baroin, à qui l'ex-président promet 
Matignon en cas de victoire en mai 2017. 
    Le chapitre des affaires judiciaires a cependant donné à 
voir la tension entre les principaux concernés, Nicolas Sarkozy, 
François Fillon, Alain Juppé, Jean-François Copé, le seul à 
avoir ouvertement opté pour une stratégie offensive. 
    Interrogé sur les sous-entendus assassins lancés par 
François Fillon, entre autres, sur ses mises en examen notamment 
dans l'affaire dite Bygmalion, Nicolas Sarkozy a livré le fond 
de sa pensée: "Ce ne sont pas des déclarations qui honorent ceux 
qui les prononcent." 
    Dans ce climat tendu mais courtois - le tutoiement était la 
règle -, Nathalie Kosciusko-Morizet a pu faire entendre sa 
singularité, celle d'une femme de droite ouverte au centre et à 
la "modernité", et François Fillon son ambition de bousculer le 
duel annoncé entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. 
    "Ce que ce débat a montré ce soir, c'est qu'il n'y a pas 
deux candidats qui ont déjà gagné le premier tour de la primaire 
comme le système médiatique essaie de l'installer depuis des 
semaines", a-t-il dit en guise de conclusion. 
    Quant à Jean-Frédéric Poisson, quasi inconnu du grand public 
avant la soirée, il a pu se faire connaître. Selon le sondage 
Elabe pour BFM TV, la cote d'opinion du président du Parti 
chrétien-démocrate a fait un bond de 24 points durant la soirée. 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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  • charleco il y a un mois

    http://arretsurinfo.ch/lettre-ouverte-dun-pretre-arabe-de-syrie-a-alain-juppe-2/