Alain Juppé, prochain prétendant à la présidence de l'UMP ?

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Alain Juppé, prochain prétendant à la présidence de l'UMP ?
Alain Juppé, prochain prétendant à la présidence de l'UMP ?

PARIS (Reuters) - Alain Juppé s'est posé vendredi en pacificateur dans le duel entre François Fillon et Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP, alimentant la rumeur d'une possible candidature à la direction du parti au nom du "rassemblement".

La "compétition" entre l'ancien Premier ministre et le secrétaire général de l'UMP, qui s'est tendue cette semaine, est "inutile" et "dangereuse", a jugé le maire de Bordeaux sur France Info.

"Elle est dangereuse parce qu'elle risque de nous diviser au moment où l'UMP devrait au contraire se rassembler pour faire son travail d'opposition, et d'autre part elle est inutile", a-t-il souligné.

Ses soutiens, qui le pressent de se déclarer, ont saisi l'occasion de relancer l'hypothèse d'une candidature "constructive" qui permette de pacifier "la bataille des chefs", qui sera tranchée en novembre, d'ici l'élection présidentielle de 2017.

"J'ai pris position pour que nous organisions en 2016 des primaires ouvertes qui nous permettront le moment venu de désigner notre champion aux élections de 2017", a rappelé sur France Info Alain Juppé, qui milite pour que le futur dirigeant de l'UMP ne soit pas le futur candidat présidentiel.

L'ancien ministre des Affaires étrangères a répété qu'il ne prendrait pas part aux primaires. "Je n'y serai pas et ce n'est pas la question d'aujourd'hui".

Le député UMP de la Marne, Benoist Apparu, un proche d'Alain Juppé, a estimé vendredi sur BFM TV que son champion serait le mieux à même d'incarner le leadership de la droite dans la préparation des prochaines échéances électorales.

DÉCONNECTER 2017 DE 2012

"Moi, je souhaite que celui qui soit président de l'UMP demain soit président pour l'UMP et non pas soit candidat en 2012 pour préparer 2017. Au regard de son profil, de sa carrière, de son âge, Alain Juppé n'est pas aujourd'hui clairement le mieux profilé pour 2017", a-t-il plaidé.

"Si nous avons accepté l'idée d'une primaire, c'est pour que nous ayons un mode de désignation de notre candidat qui ne soit pas celui de l'élection du président de l'UMP", a-t-il expliqué.

Dans une interview à paraître samedi dans Le Figaro, le sénateur UMP de la Manche Philippe Bas, secrétaire général de l'Elysée sous la présidence de Jacques Chirac, estime qu'un "consensus" peut être trouvé autour d'une candidature d'Alain Juppé.

"Du côté de Jean-François Copé, comme du côté de François Fillon, on a certainement conscience des risques que l'on prend et que l'on peut faire prendre à l'UMP. Soyons attentifs aux séquelles que pourrait laisser cette bataille: n'organisons pas un duel qui ouvrirait une période de paix armée dans l'attente d'une revanche", dit-il.

Le site Atlantico.fr et i-télé, notamment, assurent qu'Alain Juppé pourrait se déclarer très prochainement, afin que l'UMP "ne devienne pas prématurément l'écurie d'un candidat à la présidentielle de 2017".

Un proche du maire de Bordeaux a déclaré vendredi soir à Reuters ne disposer d'"aucune information" sur le sujet.

Alain Juppé avait démenti fin mai "avec la plus grande vigueur" des propos que lui attribuait Paris Match sur ses desseins supposés. "Pour l'instant je les laisse s'écharper entre eux, mais je vais me lancer, je suis le plus capé, il n'y a pas photo".

"Le mot capé n'est pas dans mon vocabulaire", avait-il répliqué sur France Info.

Sophie Louet avec Claude Canellas à Bordeaux

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