Alain Juppé face au défi d'une campagne impossible

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Alain Juppé en meeting à Toulouse le 22 novembre.
Alain Juppé en meeting à Toulouse le 22 novembre.

Brutalement ramené du statut de favori de la primaire de la droite à celui de challenger, le maire de Bordeaux a décidé d’attaquer. Au risque de déboussoler jusqu’à ses plus proches soutiens.

Depuis des mois, bercé par la douce musique des sondages, Alain Juppé avait rêvé d’un autre entre deux tours. Dans cette campagne idéale, il aurait affronté un Nicolas Sarkozy affaibli, offensif et sans doute outrancier. Et il n’aurait plus eu qu’à se draper dans le costume du rassembleur au discours apaisant pour récupérer l’antisarkozysme de droite comme de gauche et écraser son meilleur ennemi dans les urnes.

Rien ne s’est passé comme prévu. La poussée de François Fillon, nouveau héraut de la droite dure, l’a condamné au rôle du challenger. Un challenger obligé d’être mordant pour rêver d’un second tour très différent.

« Depuis deux ans, nous sommes favoris et notre projet est disséqué, passé au scanner. C’est au tour de celui de Fillon d’être dans la lumière », résume Gilles Boyer, directeur de campagne de M. Juppé. « Maintenant, il faut l’exploser », tranche plus prosaïquement un autre proche.

Pour se donner une chance d’inverser la tendance et de remporter cette « seconde campagne », comme disent ses proches, Alain Juppé a donc forcé sa nature et changé de stratégie. Depuis lundi soir, il dézingue à tout va. Le projet de son adversaire serait irréaliste sur la suppression de 500 000 emplois publics et trop brutal avec ses deux points de TVA supplémentaires.

Division au sein même de son entourage D’interviews en meetings, le maire de Bordeaux décrit son adversaire comme un « traditionaliste », un « rétrograde », un « nostalgique de l’ordre ancien », notamment sur l...

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