Alain Bauer : "On est passé de l'hyperterrorisme au lumpenterrorisme"

le
1
À Sidney, devant le Lindt Café, où, le 16 décembre dernier, un homme armé a mené une prise d'otage sanglante.
À Sidney, devant le Lindt Café, où, le 16 décembre dernier, un homme armé a mené une prise d'otage sanglante.

En vingt ans, le "terrorisme d'État" a laissé la place à d'autres formes de terrorisme, et d'autres formes de terroristes. Les loups et les fous solitaires se multiplient, qui ne dépendent de personne et agissent, comme ces derniers jours, quand ils le décident. "La menace provient de groupes hybrides et opportunistes capables de transformations rapides", prévient Alain Bauer, l'un des meilleurs spécialistes de criminologie français, qui livre pour Le Point.fr une analyse passionnante des évolutions du terrorisme moderne. Et des meilleurs moyens de le combattre."Longtemps le terrorisme fut une affaire d'État, de superpuissances. Il était nécessaire d'obtenir soutien, aide, assistance, camps d'entraînement, armes, explosifs, financements, passeports et autres moyens de survie de Washington ou de Moscou pour pouvoir opérer. Les grands empires disposaient ainsi d'un dispositif "pousse bouton" permettant de lancer ou d'interrompre une campagne de terreur en fonction de leurs besoins, de leurs agacements ou de leurs changements d'alliances. Depuis 1979 et la chute du Shah d'Iran et 1989 avec celle de l'URSS, l'apparition d'un terrorisme d'une nature différente des précédents a changé la donne. Au-delà même de ce qu'on croyait devoir appeler al-Qaida (et qui n'a jamais porté ce nom, mais celui de "Front international islamique contre les juifs et les croisés", moins vendeur mais plus clair), on a pu constater l'émancipation d'acteurs devenus plus ou moins...

Lire la suite sur Le Point.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M8252219 le jeudi 15 jan 2015 à 17:22

    L'immaturité et la bêtise des djihadistes dans leur attaque sanglante contre Charlie hebdo,c'est qu'il ont remis en scène un journal satirique et provocateur qui mourait du manque de lecteurs et approchait du dépôt de bilan. La violence ne fait souvent que conforter dans sont droit à l'expression celui qui la subit .Les chiens aboient et la caravane passe. Les intégriste de tous bord feraient bien de méditer ce proverbe arabe