Al Nosra dans l'incertitude après la mort de son chef militaire

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BEYROUTH, 6 mars (Reuters) - Le Front al Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda, est plongé dans l'incertitude après la mort de son chef militaire, Abou Houmam al Chami, tué jeudi dans une explosion qui visait une réunion de responsables du groupe islamiste dans le nord-ouest de la Syrie. La mort de Chami, passé par l'Afghanistan où il a côtoyé les organisateurs des attentats du 11 septembre 2001, a été confirmée via Twitter par son organisation. En concurrence avec les combattants de l'Etat islamique, le Front al Nosra est l'un des deux groupes armés les plus puissants de l'opposition aux forces de Bachar al Assad. Il contrôle de larges parties du nord-ouest de la Syrie. Al Nosra a maintenu son allégeance à Al Qaïda, contrairement à l'Etat islamique qui juge le groupe fondé par Oussama ben Laden insuffisamment radical et a opté pour une stratégie de conquête territoriale à l'opposé de la politique qaediste. La mort de Chami vient alimenter un débat déjà en cours dans les rangs du Front al Nosra sur la direction à suivre, une partie du groupe prônant la rupture avec Al Qaïda, dit-on de sources internes au mouvement. "L'assassinat d'Abou Houmam est très significatif mais ce groupe s'est construit de sorte que lorsque l'un de ses chefs est tué, il ne laisse pas un vide", souligne le commandant d'une brigade islamiste rivale opérant dans le nord de la Syrie. Pour Rami Abdulrahman, qui dirige l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), un réseau qui s'appuie sur des sources présentes en Syrie, il faudra sans doute du temps avant de saisir les répercussions de la mort d'Abou Houmam al Chami. Le chef militaire du Front al Nosra, ajoute-t-il, était plus important pour le mouvement qu'Abou Mohamed al Golani, le dirigeant du groupe salafiste armé. Vingt-quatre heures après l'annonce de sa mort, des doutes persistent également sur l'origine du tir mortel, revendiqué vendredi par l'armée syrienne. Jeudi soir, des sources djihadistes l'imputaient à une frappe aérienne de la coalition conduite par les Etats-Unis. A Washington, l'état-major de la coalition a cependant affirmé qu'aucun raid aérien n'avait été mené ces dernières vingt-quatre heures dans la province d'Idlib. (Mariam Karouny et Tom Perry; Guy Kerivel et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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