Airbus veut des robots humanoïdes sur ses lignes d'assemblage

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    * L'industrie aéronautique est très peu robotisée 
    * Les humanoïdes destinés aux tâches dangereuses et 
difficiles 
    * Les premiers exemplaires sur les chaînes dans 10 à 15 ans 
 
    par Johanna Decorse 
    TOULOUSE, 7 avril (Reuters) - Des robots humanoïdes 
devraient dans l'avenir travailler aux côtés des humains sur les 
lignes d'assemblage d'Airbus  AIR.PA  et les décharger des 
tâches les plus laborieuses ou dangereuses dans l'un des 
secteurs les moins robotisés de l'industrie.  
    C'est le but du programme de recherche franco-japonais que 
finance le groupe aéronautique et spatial européen et qui 
pourrait déboucher sur un partenariat industriel en 2019 en vue 
de l'arrivée de la première génération de robots humanoïdes sur 
les chaînes d'ici une quinzaine d'années. 
    Ce projet commun a été lancé avec le Joint Robotics 
Laboratory (JRL), unité mixte internationale du CNRS et de 
l'Institut national de la science et des technologies 
industrielles avancées japonais (AIST).  
    Il a démarré en février 2016 à Tsukuba, au Japon et occupe 
une équipe de huit chercheurs qui, durant quatre ans, vont 
développer de nouvelles fonctionnalités chez les robots 
humanoïdes pour leur permettre d'accomplir des tâches précises 
dans des espaces exigus, tels que les chaînes de montage. 
    Ce projet bilatéral entre Airbus Group et le JRL fait suite 
à une première collaboration qui a démarré en 2015 dans le cadre 
du projet européen Comanoid. Doté d'un budget de 4,25 millions 
d'euros, ce programme vise à faire se déplacer des robots 
humanoïdes dans un avion en phase d'assemblage sans mettre en 
danger les opérateurs humains, les appareils ou eux-mêmes. 
    "La construction aéronautique est l'un des secteurs les 
moins automatisés de l'industrie", explique Abderrahmane 
Kheddar, directeur du JRL. 
    "Le but est de développer des solutions pour robotiser 
certaines tâches et faire en sorte que ces robots humanoïdes 
puissent intervenir dans des environnements contraints, sur les 
ailes des avions ou dans le fuselage, en faisant un usage 
coordonné de leur corps et en utilisant plusieurs points 
d'appui, comme l'homme le ferait", ajoute-t-il. 
     
    DES GESTES PRÉCIS 
    Les robots humanoïdes du programme de recherche 
franco-japonais devront notamment être capables de tracer les 
endroits où les opérateurs sont amenés à percer, de nettoyer les 
copeaux métalliques après le perçage ou encore de vérifier le 
bon fonctionnement d'interrupteurs. 
    Des gestes précis qu'ils vont pouvoir accomplir grâce aux 
technologies de locomotion dites "multi-contacts" développées 
par les équipes du JRL depuis 2004 et qui permettent aux robots 
de s'aider de tout leur corps et pas seulement de leurs pieds 
pour monter ou descendre un escalier, passer des obstacles au 
sol, s'agenouiller en prenant aussi appui sur leurs genoux, 
leurs mains ou leurs coudes. 
    L'objectif des chercheurs du JRL est de pouvoir répondre 
d'ici deux ans au cahier des charges d'Airbus Group qui a 
identifié plusieurs opérations sur ses lignes d'assemblage, 
fastidieuses pour les humains ou dont l'accès est impossible à 
des plateformes robotiques roulantes ou montées sur rail. 
    "Il ne s'agit pas de remplacer les opérateurs humains mais 
de les décharger de travaux pénibles et laborieux ou qui les 
exposent à des substances dangereuses. Ils pourront ainsi de 
concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée", ajoute 
Abderrahmane Kheddar. 
    Ces recherches autour des robots humanoïdes dédiés aux 
lignes de montage aéronautiques pourraient déboucher sur un 
partenariat industriel en 2019. Et selon le JRL, la première 
génération de robots humanoïdes pourrait faire son entrée sur 
les chaînes d'Airbus Group d'ici dix à quinze ans. 
    Plus prudent sur le calendrier, le constructeur européen 
précise être encore dans "une phase de prospection" mais fonde 
visiblement beaucoup d'espoirs dans ces technologies. 
    En février dernier, au moment du lancement du programme, 
Sébastien Remy, directeur d'Airbus Group Innovations avait parlé 
de la robotique humanoïde comme d'une "technologie-clé". 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 

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