Airbus va supprimer plus de 1.000 postes, selon les syndicats

le , mis à jour à 15:29
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La restructuration de l'avionneur Airbus entraînera la suppression de plus de 1.000 postes ( AFP/Archives / Rémy GABALDA )
La restructuration de l'avionneur Airbus entraînera la suppression de plus de 1.000 postes ( AFP/Archives / Rémy GABALDA )

Airbus va supprimer plus de 1.000 postes en Europe dans le cadre de sa restructuration, selon les syndicats, qui craignent des licenciements secs, ce qui serait une première dans l'histoire de l'avionneur européen.

Selon les informations préliminaires divulguées aux salariés lors de trois récents comités d'entreprise européens, le groupe s'apprête à supprimer "780 postes sans réelle justification", annonce la CFTC dans un communiqué.

Mais un autre comité aura lieu jeudi, notamment pour les branches finances, gestion immobilière et achats généraux, et devrait ajouter plusieurs centaines de suppressions d'emplois, précise à l'AFP Jean-Marc Escourrou, secrétaire FO (majoritaire).

"A mon avis, on va dépasser les 1.000", a estimé le responsable FO chez Airbus SAS (siège branche aviation commerciale, Toulouse).

Les suppressions de poste auront en particulier lieu à Suresnes, dans la banlieue parisienne, et Ottobrunn, près de Munich, où travaillent 1.200 personnes environ au total, selon les syndicats, et dans une moindre mesure sur le site aviation d'Airbus à Marignane près de Marseille.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole d'Airbus n'a pas souhaité faire de "commentaire sur des spéculations afin de respecter la loi qui oblige à d'abord discuter avec les partenaires sociaux".

"Demain (jeudi), on devrait être à 1.000 suppressions, voire peut-être au-delà", a confirmé Françoise Vallin, coordinatrice pour le groupe à la CFE-CGC, deuxième syndicat.

La direction n'a toujours pas évoqué de licenciements secs mais "plus vous avez de suppressions de postes, plus cela devient difficile à recaser", a précisé M. Escourrou, selon lequel il y a de fortes chances qu'Airbus annonce un PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi), nouvelle appellation du "plan social".

La restructuration du groupe, baptisée Gémini, consiste à fusionner à Toulouse les sièges de la branche d'aviation commerciale (Airbus SAS, 70% de l'activité) avec le groupe (Airbus Group SAS).

Cette intégration, qui ne touche que les fonctions administratives et non opérationnelles, doit fait naître "Airbus Group" dès janvier prochain mais être effective en juillet/août 2017. Elle est destinée à éviter les "duplications" et à gagner en "agilité", selon la société.

- "Logique financière?" -

Le recours à des licenciements secs serait une première dans l'histoire d'Airbus, qui emploie près de 140.000 personnes dans le monde. L'avionneur a déjà appliqué plusieurs plans de suppressions de postes, notamment en 2007-08, quand 5.000 emplois avaient été détruits, mais toujours avec des départs volontaires, en retraite ou des redéploiements au sein du groupe.

"Il n'y a jamais eu de licenciement sec chez Airbus", souligne Mme Vallin. Les empêcher "est notre objectif pour cette fois-ci encore mais je ne suis pas confiante à 100%", avertit-elle, soulignant que le chiffre de 1.000 suppressions de postes, voire plus, est "très inquiétant".

Un avion A400M sur l'aéroport de Schoenefeld près de Berlin le 31 mai 2016
Un avion A400M sur l'aéroport de Schoenefeld près de Berlin le 31 mai 2016 ( dpa/AFP/Archives / Wolfgang Kumm )

La syndicaliste souligne que ce chiffre n'est que provisoire et attend l'important Comité européen de groupe de mardi 29 novembre prochain, qui détaillera l'ensemble des suppressions.

Débuteront alors les discussions sur le nombre des suppressions puis, dès début 2017, celles sur leur traitement social, jusqu'au 1er juillet, date de la mise en oeuvre de la fusion-intégration. Ce n'est donc qu'à cette date que démarrerait un éventuel PSE.

Mais, d'ores et déjà, les syndicats doutent du bien-fondé du plan. "On a un peu de mal à voir la logique stratégique. On voit surtout la logique financière", déclare M. Escourrou.

Ainsi, le transfert au siège toulousain des services ICT (Information and Communications Technology), avec 110 suppressions de postes, a pour but d'économiser 15 millions d'euros, selon la CFTC.

Ces économies tombent à point nommé pour l'avionneur qui, malgré un carnet de commandes record de près de 1.000 milliards d'euros, soit 8 à 10 ans de production, doit réduire ses coûts alors que la branche hélicoptères souffre de l'atonie du marché.

En outre, deux programmes phares affectent ses comptes: son avion militaire, l'A400M lui a valu près de deux milliards d'euros de provisions ces deux dernières années et son vaisseau amiral, l'A380, peine à se transformer en succès commercial. Le groupe a ainsi dû annoncer en juillet une réduction de la cadence de production de ce Super Jumbo.

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  • M940878 il y a 2 semaines

    cyspeo : encore une précision , Jospin a embauché 500000 fonctionnaires d'un coup pour produire la même quantité de travail qu'avant , lors de la régionalisation il a été 500000 postes de fonctionnaires , toujours pour produire le même 'travail' qu'avant , on peut donc supprimer un million de postes de fonctionnaires sans que cela pénalise quoi que ce soit !

  • M940878 il y a 2 semaines

    cyspeo : Fillon va supprimer 500000 postes non productifs , toute la différence est là !

  • jy831 il y a 2 semaines

    Quand il y aura plus de chomeurs que d'actifs on parlera peut etre du partage du travail ou attendra t'on 80% de chomeurs pour 20% de travailleurs.De toute maniere c est inexorable la robotique et l'informatique,le progrés en géneral, tuent plus d'emplois que n'en créent.Au plus tard prendrons nous la décision de la semaine a 20 heures et de 10 semaines de congés payés avec bien sur réduction des salaires au plus ca nous coutera cher

  • guerber3 il y a 2 semaines

    La technologie, en progrès depuis 2siècles et1/2, remplit sa mission : remplacer le travail humain...bonne chance aux " lutteurs contre le chômage "...!

  • cyspeo il y a 2 semaines

    Et Fillon va supprimer 500 000 postes ^^

  • bernm il y a 2 semaines

    Et oui, cas d'ecole pour le TGV.La Chine cree une coentreprise avec siemens avec transfert de technologie, une autre avec Althom avec transfert de technologie. Ensuite impose aux 2 societes de fusionner et voila le champion mondial du TGV qui est chinois...

  • rizriz il y a 2 semaines

    En effet le marché mondial du tgv à l'export c'est 6 milliards d'euros , trusté par la Chine qui par son marché intérieur a tout écrasé et monté en 2 coups de cuiller à pot une industrie gigantesque du tgv .Le marché us lgts convoité par la sncf sera pour comme le reste au MO voire ailleurs , Chinois ....Et dans 10 ans on aura des avions chinois , fiables et 30% moins chers .

  • bernm il y a 2 semaines

    On "Donne" la techno a la Chine et a l'Inde pour qu'ils creent des concurrents qui vont ensuite s'approprier les marches.C'est deja le cas avec les locomotives a grandes vitesse, l'aeronautoque va suivre...

  • rizriz il y a 2 semaines

    L'aéronautique est le plus gros contributeur net de nos exportations avec plus de 20 mds d'excédents .Avant c'était longtemps l'automobile avec plus de 10 milliards et puis nous sommes passés en déficit chronique net de plusieurs milliards d'euros .L'aéronautique était la poule aux oeufs d'or de la France , elle va entamer un long déclin mais devrait rester positive cependant encore un moment .

  • rizriz il y a 2 semaines

    Et je vous parle pas de la concurrence en marche avec le cseries de Bombardier , le c919 chinois , les embraer brésiliens et Sukhoï russe .Donc les prix vont baisser donc les marges donc les emplois et les délocalisations comme la production sur place s'amplifier .On va passer de 2 acteurs sérieux à 4 (c919 + cseries) .