Airbus va défier Boeing sur son terrain avec l'A350-1000

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    * Premier vol de l'A350-1000 de 366 sièges prévu jeudi 
    * Le plus gros modèle d'Airbus concurrence le 777 de Boeing 
    * Bataille de projets sur le segment de gros bimoteurs 
    * Cet essor risque de peser encore sur les ventes de 
superjumbos 
 
    par Tim Hepher 
    PARIS, 23 novembre (Reuters) - Airbus  AIR.PA  prépare le 
premier vol du plus gros bimoteur de sa gamme, l'A350-1000, 
défiant ainsi son rival Boeing  BA.N  sur son marché de 
prédilection. 
    Après un premier décollage planifié vers 10h30 jeudi au 
siège de l'avionneur européen à Toulouse pour un vol de trois 
heures, Airbus compte proposer à partir du second semestre 2017 
un nouveau modèle de 366 sièges à la famille A350 entrée en 
service début 2015 avec l'A350-900. 
    Airbus cherche ainsi à se hisser dans la catégorie des plus 
grands bimoteurs long-courriers du marché, promise à 1.000 
milliards de dollars de commandes dans les 20 ans à venir. 
    L'A350-1000 se trouve aussi au centre d'une nouvelle 
bataille transatlantique, l'Europe et les Etats-Unis s'accusant 
mutuellement de subventionner leurs programmes aéronautiques.  
    L'Organisation mondiale du commerce (OMC) devrait trancher 
dans les jours à venir sur une possible aide illégale accordée 
au 777X, la réponse de Boeing à l'A350-1000, tandis que les 
Etats-Unis estiment que la famille A350 ne doit son existence 
qu'à des subventions européennes.  
    L'A350-1000, au prix catalogue de 356 millions de dollars 
(335 millions d'euros), vise à concurrencer le 777-300ER de 
Boeing, la version la mieux vendue de la famille 777 du 
constructeur américain. 
    Airbus espère ainsi livrer la moitié des gros porteurs, à 
marge élevée, contre 35% en 2015. Mais selon certaines 
critiques, l'avion ne change pas aussi radicalement la donne par 
rapport au 777 de Boeing malgré une amélioration de la 
conception de son moteur. 
    L'avionneur européen a vendu 195 A350-1000 sur un total de 
810 unités pour la famille A350, contre 809 pour le 777-300ER de 
Boeing. 
     
    BATAILLE DE PROJETS  
    Pour défendre un segment particulièrement lucratif du marché 
des bimoteurs, Boeing a toutefois riposté en lançant le 777X, 
qui comprend le 777-9 de 406 sièges. En réaction, Airbus étudie 
de nouveaux modèles encore plus gros. 
    Avant même de prendre son envol, l'A350-1000 s'est déjà fait 
voler la vedette pour une version potentielle de 400 sièges 
(l'A350-2000) proposée à des compagnies aériennes cruciales, 
selon des sources industrielles. Airbus a toutefois récemment 
reporté sa décision sur le lancement d'un tel programme. 
    Pour faire monter les enchères, Boeing réfléchit de son côté 
à un "777-10X" encore plus grand, qui pourrait transporter 
quelque 450 passagers. 
    Singapore Airlines  SIAL.SI  pourrait choisir entre ces deux 
projets d'avions d'ici la fin de l'année en vue d'une commande, 
a rapporté CNN. 
    "C'est le 777-300ER qui a créé la rupture et l'A350-1000 
s'est adapté sur ce segment. La question est de savoir où se 
trouve la partie la plus lucrative du marché : il ne s'agira pas 
forcément de l'avion le plus gros mais les avionneurs n'en 
savent encore rien", observe Nick Cunningham, analyste chez 
Agency Partners. 
    Par ricochet, les motoristes se livrent eux aussi à un match 
pour proposer la propulsion la plus puissante, l'américain 
General Electric  GE.N , allié de Boeing, faisant face au 
britannique Rolls-Royce  RR.L , fournisseur d'Airbus. 
    Mais le Graal des avions de 400 sièges suscite le doute au 
vu de la faiblesse de la demande en gros quadrimoteurs comme 
l'A380 et le 747-8 de Boeing. 
    En juin, au moment même où Airbus célébrait une commande 
d'A380 particulièrement bienvenue de la part de Virgin Atlantic, 
des sources proches du dossier confiaient que la compagnie avait 
décidé d'annuler ses commandes restantes du très gros porteur. 
    Boeing a fait état en octobre d'une "hésitation" des 
compagnies aériennes concernant de tels géants des airs, 
insistant toutefois sur la solidité de la demande à long terme. 
 
 (Cyril Altmeyer pour le service français, édité par Dominique 
Rodriguez) 
 

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