Airbus s'assure vingt ans de production en Chine

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AIRBUS PROLONGE JUSQU'EN 2025 LA PRODUCTION EN CHINE DE A320
AIRBUS PROLONGE JUSQU'EN 2025 LA PRODUCTION EN CHINE DE A320

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Airbus Group, ex-EADS, a signé mercredi des accords lui assurant la production en Chine d'un millier d'Airbus A320 d'ici dix ans et d'un millier d'hélicoptères sur vingt ans, renforçant encore sa position sur le marché aéronautique qui connaît la plus forte croissance du monde.

Par leur ampleur, ces accords paraphés à l'Elysée en présence du président chinois Xi Jinping et de François Hollande, ont presque fait passer au second plan l'annonce d'une commande de 70 avions pour 10,2 milliards de dollars au prix catalogue.

Cette journée solde une année difficile pour les relations commerciales entre la Chine et l'Europe, le vieux continent ayant tenté d'imposer des quotas d'émissions de carbone combattus par Pékin et finalement suspendus.

Parmi les 70 appareils commandés, 27 sont des A330 dont l'acquisition était gelée à cause de cette querelle, les 43 autres étant des A320, loin des 150 appareils attendus selon une source citée par Reuters.

L'extension de la production de l'usine de Tianjin d'Airbus pour dix ans jusqu'en 2025 est d'autant plus cruciale qu'elle va lui permettre de continuer à fournir un marché chinois qui assure déjà 20% de ses livraisons totales.

"Un avion sur deux pour les besoins chinois est produit par cette chaîne d'assemblage et environ 100 avions par an sont largement sécurisés par l'extension de cet accord industriel", a précisé à Reuters le président exécutif d'Airbus, Fabrice Brégier, à l'issue de la cérémonie.

Ces avions feront l'objet de commandes ultérieures, donnant des armes à Airbus dans sa bataille face à son rival Boeing, dans un duopole qui devrait être troublé d'ici dix ans par le chinois Comac.

EXPORTATIONS DE CHINE VERS L'ASIE

Fabrice Brégier a précisé que l'accord de mercredi prévoyait aussi d'exporter désormais une partie de la production chinoise de l'avionneur en Asie, d'où provient une grande partie des commandes qu'Airbus doit désormais servir.

Airbus, qui produit actuellement 42 A320 par mois et compte passer à 46 unités en 2016 grâce à sa future usine américaine de Mobile (Alabama), projette de parvenir à une cinquantaine d'avions par mois.

La prolongation de la production de Tianjin étant actée, Airbus pourrait envisager d'augmenter sa production dans cette usine ouverte il y a cinq ans et qui produit actuellement quatre A320 par mois, soit la moitié de sa capacité théorique.

Fabrice Brégier a toutefois précisé qu'il n'en était pas question pour l'instant, précisant que l'accord signé mercredi ne prévoyait pas d'augmentation de cadence de l'usine.

Airbus veut plutôt diversifier son offre pour la Chine avec une version régionale du long-courrier A330, dont Fabrice Brégier évalue le potentiel à environ 200 avions et qui peut transporter environ deux fois plus de passagers qu'un A320.

Fabrice Brégier a ajouté que l'un des accords signés mercredi visait à étudier l'utilisation du long-courrier A330 pour un usage régional, répondant à un besoin spécifique de la Chine, mais il ne s'est pas prononcé sur la perspective de commandes prochaines pour cet appareil.

Fabrice Brégier a également dit espérer boucler d'ici un an les discussions engagées sur une nouvelle usine d'aménagement de cabines de l'A330 en Chine.

Airbus a en outre signé mercredi un accord visant à aider à mieux gérer le trafic aérien à partir des grands aéroports chinois actuellement saturés.

Pour Airbus, l'enjeu est désormais de vendre des A380 à la Chine, dont il estime les besoins en gros porteurs à plus de 100 appareils d'ici vingt ans. Des trois principales compagnies chinoises - Air China , China Eastern et China Southern - seule China Southern a commandé le très gros porteur, conçu pour ce marché promis à une croissance exponentielle.

Du côté des hélicoptères, Airbus Helicopters, ex-Eurocopter, a signé un accord pour construire 1.000 hélicoptères EC175 d'ici vingt ans avec Avic, son partenaire chinois depuis 2004, pour un montant total estimé entre 13 et 15 milliards d'euros.

Airbus Helicopters compte livrer cette année les trois premiers clients de cet hélicoptère de taille moyenne destiné notamment au secteur pétrolier et gazier en pleine expansion.

(édité par Pascale Denis)

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  • fquiroga le jeudi 27 mar 2014 à 07:44

    Le titre est trompeur, c'est la Chine qui s'assure l'accélération de son appropriation de technologie. Dans 20 ans ils auront leur propres "marque" d'avions....

  • supersum le mercredi 26 mar 2014 à 21:48

    Cool les chintocks ont du boulot

  • NORDGHAZ le mercredi 26 mar 2014 à 21:48

    super du boulot pour les chinois et après des avions chinois fabriqués par des compagnies chinoises et vendus en europe la fin est proche

  • a.masos le mercredi 26 mar 2014 à 18:47

    Allé on continu la délocalisation vive le gouvernement !