Airbus plaide pour une remise à plat de l'industrie spatiale

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AIRBUS VEUT REVOIR L'ORGANISATION DE L'INDUSTRIE DES LANCEURS SPATIAUX
AIRBUS VEUT REVOIR L'ORGANISATION DE L'INDUSTRIE DES LANCEURS SPATIAUX

par Victoria Bryan et Tim Hepher

PARIS (Reuters) - Le président exécutif d'Airbus Group exhorte les Etats européens à revoir radicalement l'organisation de l'industrie des lanceurs spatiaux et à donner aux entreprises un rôle plus important afin d'éviter de perdre le leadership dans un secteur qui représente quelque 6,5 milliards de dollars dans le monde.

Par cet avertissement, Tom Enders entend riposter à l'offensive de la société américaine à bas coûts Space Exploration technologies (SpaceX) sur le marché du lancement des satellites.

"Je pense que nous sommes à un moment crucial pour l'avenir de l'Europe dans l'espace et pour l'industrie européenne des lanceurs", a-t-il déclaré à Reuters.

"Nous devons procéder à une remise à plat totale de l'industrie européenne des lanceurs spatiaux. Pas seulement au niveau des industriels mais également des agences gouvernementales afin d'assurer l'avenir et la rentabilité du secteur", a-t-il souligné lors d'un entretien réalisé à l'occasion du salon aéronautique de Berlin.

SpaceX propose actuellement des lancements de satellites de télécommunications à un prix inférieur à celui du marché.

La configuration et le financement d'Ariane 6, le projet de lanceur européen qui doit succéder d'ici à 2021 à Ariane 5, fait l'objet d'âpres discussions entre les différents pays associés au programme, notamment entre la France et l'Allemagne.

"Nous devons améliorer et intégrer plus nos structures industrielles sinon nous risquons d'être dépassés", a estimé Tom Enders.

Dans le système actuel, les agences spatiales comme le Cnes en France et le DLR en Allemagne sont chargées de la définition du lanceur, dont la conception est confiée ensuite aux industriels et la commercialisation à une troisième entité, Arianespace.

Airbus Group détient actuellement environ 30% d'Arianespace dont le principal actionnaire est le Cnes. Le groupe français Safran est juste derrière avec 11%.

Avant Ariane 6, les Européens prévoient de lancer une version améliorée d'Ariane 5 - Ariane 5 ME - à partir de 2018.

Ariane 6 doit permettre de ramener le coût unitaire d'un lancement à environ 70 millions d'euros (95,6 millions de dollars), soit un peu moins de la moitié du coût de lancement d'une Ariane 5 et moins que celui proposé actuellement par SpaceX (environ 100 millions de dollars).

(Version française Jean-Michel Bélot, édité par Matthias Blamont)

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  • M3084782 le vendredi 23 mai 2014 à 16:46

    A sous-estimer le potentiel du low-cost, on le paye cher? Il suffit de voir comment Air France rame avec son Hop' tardif face aux autres Ryanair et Easyjet.Nous avons les ressources et la capacité de faire mieux industriellement. Politiquement ça reste à voir.