Airbus: à Suresnes, les salariés "accusent le coup"

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Le site Blériot aéronautique abrite à Suresnes une antenne dans le secteur de la recherche et du développement d'Airbus, le 29 novembre 2016 ( AFP / MARTIN BUREAU )
Le site Blériot aéronautique abrite à Suresnes une antenne dans le secteur de la recherche et du développement d'Airbus, le 29 novembre 2016 ( AFP / MARTIN BUREAU )

A Suresnes, près de Paris, les salariés d'Airbus "accusent le coup" mardi, affichant des mines "catastrophées" après l'annonce de la fermeture du site, tandis que les syndicats s'interrogent sur la justification donnée aux 460 postes supprimés ou transférés.

L'épée de Damoclès qui menaçait les 500 salariés de Suresnes (Hauts-de-Seine) s'est abattue sur eux mardi en milieu de journée, la direction confirmant la fermeture mi-2018 de cet établissement, essentiellement dans le secteur recherche et développement.

"Aujourd'hui c'est grosse tête catastrophée" pour tout le monde, décrit à l'AFP Maria Pérez déléguée FO à Suresnes.

"Les gens accusent le coup", surtout "ceux qui rêvaient encore qu'on garde le site", ajoute un chercheur souhaitant garder l'anonymat.

Plus de 500 personnes travaillent actuellement à Suresnes. La direction prévoit 308 suppressions de postes et 150 +mobilités+ géographiques vers Toulouse. Seuls 25 postes, "non délocalisables" car liés au "lobbying politique", seront maintenus, d'après FO.

Selon Mme Pérez, le patron d'Airbus Group Tom Enders "tue l'histoire française du groupe" en fermant Suresnes, un "site historique d'aérospatiale" où étaient installées auparavant les usines Blériot.

"Stratégiquement il n'y a aucune raison opérationnelle qui l'impose", accuse-t-elle, à peine soulagée de voir le faux suspense de la fermeture prendre fin.

"Les couloirs ne résonnent que de ça depuis un long mois", aujourd'hui "au moins c'est factualisé: ça ferme, point", dit-elle.

Au-delà de l'inquiétude sociale, l'incompréhension prédominait sur le but recherché par l'entreprise.

Il n'y a "pas de justification économique derrière la fermeture", d'autant qu'Airbus gagne de l'argent et à "un carnet de commandes ô combien garni", s'agace un chercheur, interrogé par l'AFP.

"Être tous à Toulouse? Cela s'appelle un caprice" de la part du PDG, reprend ce salarié comptant une douzaine d'années d'ancienneté.

"On voit l'innovation partir, mais pas de stratégie industrielle à moyen terme", dénonce-t-il encore.

Comme lui, Mme Pérez aurait aimé que la réorganisation soit abordée différemment.

"La digitalisation pourrait nous offrir comme solution le télétravail", mais cette piste n'a pas été étudiée, selon elle.

C'est d'autant plus regrettable, poursuit-elle, que les mutations à Toulouse seront parfois difficiles à exécuter pour des raisons familiales.

"Madame ou Monsieur ne retrouvera jamais le même boulot à Toulouse", dit-elle, en rappelant que "les conjoints n'ont pas été recasés", lors des deux plans précédents.

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  • jopaf il y a 3 jours

    merci qui ? merci flanby le normal !

  • fbs013 il y a 3 jours

    L'histoire de l'aéronautique française s'est écrite en région parisienne avant de continuer à Toulouse. Et le nom de farman est toujours inscrit sur son hangar à Toussus le noble.

  • andre40 il y a 3 jours

    en fait ils voudraient surtout rester à Paris, et historiquement l'aéronautique en France ce n'est ni Paris ni Suresnes mais bien Toulouse Mme Perez, il faut revoir l'histoire avec l'Aéropostale, Latécoere, et tant d'autres après Clément Ader né à Muret