Airbnb: êtes-vous couvert en cas de dégâts ?

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Malgré la garantie proposée par la plateforme de location de logements entre particuliers, mettre à disposition son logement le temps d'un week end n'est pas sans risque. Le point avec Nathalie Roze, avocate spécialisée en droit de l'immobilier.

Fuite d'eau, moquette tachée, vase brisé, voire altération des parties communes, le passage des vacanciers Airbnb peut parfois laisser des traces. Pour tranquilliser les bailleurs potentiels qui sont la base de son service, la plateforme de location de logements entre particuliers promet une garantie gratuite et à «un niveau inédit dans l'industrie du voyage» précise le site: elle doit couvrir les dégâts subis à hauteur de 700.000 euros. Un montant faramineux qu'il convient néanmoins de relativiser. «L'activation de cette garantie n'est pas très claire», explique Nathalie Roze, avocate spécialisée en droit de l'immobilier. Sur la page de son site dédiée à sa protection, Airbnb précise tout d'abord que le bénéfice de la couverture ne pourra être demandé que pour les logements «admissibles». Sont donc exclues d'office toutes les dégradations constatées dans les logements dont les «hôtes», eux-mêmes locataires, n'ont pas l'autorisation de leur propriétaire pour sous-louer. La plateforme précise ensuite que la couverture ne peut être sollicitée que «dans l'éventualité rare où ces dégâts causés par un voyageur n'auraient pas été résolus directement avec lui». Plus qu'une protection systématique, la garantie hôte intervient donc davantage en dernier recours, ce qui en limite l'intérêt.

Mais la spécialiste relève surtout que Airbnb souligne à plusieurs reprises que la garantie hôte ne se substitue pas à une assurance habitation classique. «En définitive, cette garantie de 700.000 euros a davantage vocation à rassurer qu'à s'appliquer», estime Nathalie Roze. Elle permet aussi à Airbnb de rappeler aux propriétaires ou locataires, que l'hôte ne doit proposer un logement que s'il est assuré. «C'est une obligation légale», ajoute l'avocate qui précise que si le contrat de location via Airbnb porte sur une longue durée, il est possible de demander aux visiteurs de souscrire une assurance supplémentaire couvrant la durée de leur séjour. Une démarche impossible lorsque la location ne dure que le temps d'un week end. L'avocate explique enfin qu'en cas de dégâts non volontaires, l'assurance responsabilité civile des voyageurs peut suffire.

Les assureurs proposent en outre des clauses spécifiques qui offrent une couverture plus étendue que celle proposée quand le souscripteur ne fait qu'un usage «classique» de son logement, en tant que résident. Ces garanties valent évidemment plus cher ce qui dissuade la plupart du temps les adeptes de Airbnb qui souhaitent avant tout obtenir occasionnellement un complément de revenu. «Et dans tous les cas, comme pour la garantie hôte d'Airbnb, l'assurance ne prendra en charge les dégâts que si le logement est mis à disposition en respectant les règles, c'est-à-dire qu'en cas de sous-location, l'hôte a obtenu l'accord de son propriétaire», insiste Nathalie Roze. Enfin, dans le cas où les dégradations sont visiblement volontaires, il reste encore le recours par la voie pénale, devant le tribunal correctionnel.

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