Air Liquide compte poursuivre sa croissance en 2012

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AIR LIQUIDE CONFIANT POUR 2012
AIR LIQUIDE CONFIANT POUR 2012

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Air Liquide table sur une nouvelle progression de son résultat net en 2012 sauf dégradation majeure de la conjoncture après une année 2011 portée par les pays émergents et une bonne résistance en Europe, malgré un ralentissement de sa croissance au quatrième trimestre anticipé par le marché.

Le numéro un mondial des gaz industriels compte sur un portefeuille d'opportunités à 12 mois - c'est-à-dire les projets qu'il est susceptible de remporter - à un niveau record de 4,2 milliards d'euros à fin 2011, contre 3,9 milliards fin 2010.

Air Liquide a annoncé vendredi un chiffre d'affaires en hausse de 7,2% à 14.457 millions d'euros en 2011, soit 6,8% à données comparables, et un résultat net de 1.535 millions, en hausse de 9,4%, avec une marge opérationnelle courante stable à 16,7%, des performances en ligne avec les attentes.

Le titre, qui avait pris plus de 10% en deux mois, perd 2,3% à 96,25 euros vers 12h05, plus forte baisse du CAC 40, victime de prises de bénéfices des investisseurs dont certains sont déçus par la prudence du discours pour 2012. Dans le même temps, l'indice sectoriel européen avance de 1,7%.

"Le marché s'attendait peut-être à un ton un peu plus positif pour 2011 à l'image des discours de ses concurrents américains Air Products et Praxair", souligne un analyste parisien, qui n'a pas voulu être identifié.

PRUDENCE CHEZ LES CLIENTS

Le pôle gaz et services, qui assure l'essentiel des ventes du groupe, affiche une hausse de ses ventes de 7,5% à données comparables, porté par une hausse de 20% des ventes dans les pays émergents grâce à une croissance solide de la demande et à des démarrages et montées en puissance d'unités.

Les pays émergents, à forte croissance, représentent désormais 21% des ventes contre 15% en 2008.

La croissance de cette division a toutefois ralenti à 1,9% au quatrième trimestre en données comparables, son plus bas niveau depuis la fin 2009 mais à un niveau trimestriel record de 3.745 millions d'euros, sous l'effet d'un comparatif défavorable et de la prudence globale des clients du groupe, en particulier dans l'acier et l'électronique.

"Le mot qui caractérise le mieux ce début d'année, c'est une prudence chez nos clients, qui est encore là et qui à mon avis va durer au moins sur le premier semestre", a déclaré le PDG Benoît Potier lors d'une conférence téléphonique.

"Sauf dégradation majeure de la conjoncture qui semble être un peu derrière nous - mais il faut rester prudent, il peut y avoir des obstacles à mesure que nous allons avancer dans l'année -, nous continuons à anticiper une croissance du résultat net en 2012", a-t-il ajouté.

Benoît Potier a également estimé que l'attentisme de la Chine au quatrième trimestre face à la crise de la zone euro avait pris fin depuis le Nouvel an chinois.

"Une sorte d'incertitude majeure sur l'euro en fin d'année (...) a vraiment pesé, on peut le mesurer après coup", a-t-il observé. "On est plutôt en train de revenir à une certaine normalité. C'est un peu comme si la crainte sur l'euro avait été en partie mise derrière nous."

Le groupe, qui devance l'allemand Linde sur le marché des gaz industriels, compte verser un dividende en hausse à 2,50 euros au titre de 2011 contre 2,35 euros pour 2010.

Le plan stratégique "Alma 2015", présenté en décembre 2010, vise une croissance annuelle moyenne de 8% à 10% du chiffre d'affaires et une progression soutenue du bénéfice net d'ici 2015.

Les décisions d'investissements industriels et financiers, s'élèvent à 2,0 milliards d'euros en 2011 contre 2,2 milliards en 2010, avec l'entrée du groupe au Mexique, en Ukraine et en Turquie.

Avec Juliette Rouillon et Michel Pires Brito, édité par Benjamin Mallet

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