Air France veut faire voler ses navigants plus longtemps

le , mis à jour à 15:23
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* Air France veut éviter de fermer 10% de son réseau long-courrier * Dans ce cas, au moins 10 avions seraient supprimés d'ici 2017 * Air France veut 80% de lignes long-courriers rentables en 2017 * Quelques lignes "low cost" long-courriers envisageables * L'action Air France-KLM poursuit sa hausse (Actualisé avec source, commentaire d'analyste) par Cyril Altmeyer PARIS, 4 septembre (Reuters) - Air France souhaite que ses navigants acceptent de voler plus longtemps afin d'éviter d'avoir à réduire de 10% son réseau long-courrier d'ici 2017, a-t-on déclaré vendredi de source proche de la compagnie. Le transporteur pourrait envisager de proposer des liaisons long-courriers en se basant sur un modèle "low cost" pour "quelques lignes" touristiques, a-t-on ajouté, confirmant une information du quotidien Les Echos, mais un tel projet, inspiré de celui de la compagnie allemande Lufthansa LHAG.DE . Air France, qui a tenu vendredi un comité central d'entreprise (CCE) sur son plan de restructuration "Perform 2020", pourrait supprimer au moins une dizaine d'avions, a ajouté la source, confirmant des propos de responsables syndicaux au fait des discussions. ID:nL5N11A1IH L'action Air France-KLM gagne 1,49% à 6,522 euros à 15h05 à la Bourse de Paris, au lendemain d'un bond de 7,2% qui a suivi l'information des Echos. ID:nL5N11913H La direction, selon ces responsables syndicaux, n'a pas communiqué de chiffrage de réductions d'effectifs envisageables dans ce scénario. Plusieurs syndicats ont estimé cette semaine que le retrait d'une dizaine d'avions entraînerait au moins 4.000 suppressions de postes. Un porte-parole d'Air France n'a pas fait de commentaire. L'activité long-courrier d'Air France gagne de l'argent dans l'ensemble, mais la compagnie veut porter à terme de 50% à 80% la proportion des lignes rentables et revenir ainsi à un "équilibre économique plus satisfaisant" sur ce segment, a expliqué la source proche du groupe. Les navigants (pilotes, hôtesses et stewards) travaillent en moyenne 15% à 20% de moins à salaire équivalent que ceux de KLM, leurs confrères au sein du groupe Air France-KLM AIRF.PA , ou que les navigants des concurrents Lufthansa, British Airways et Iberia (ces deux dernières compagnies appartenant au groupe IAG ICAG.L ), a aussi indiqué la source. Air France-KLM a trouvé cet été un terrain d'entente avec le personnel de KLM, dans le cadre duquel les pilotes devraient travailler plus longtemps et voir leur départ à la retraite repoussé de deux ans. LE SPECTRE DU DESTIN D'ALITALIA La situation contraste avec le blocage chez Air France où le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), majoritaire, a refusé de se rendre aux dernières réunions organisées par la direction, les deux parties ne parvenant pas à s'entendre pour solder le plan de restructuration précédent, "Transform 2015". ID:nL5N10T346 Le SNPL est à l'origine de la grève de 15 jours qui, en septembre 2014, a coûté plus de 400 millions d'euros à Air France. Les grévistes protestaient contre les conditions de l'extension de la filiale low cost moyen-courrier Transavia hors de ses bases de France et des Pays-Bas. Prudente, la direction d'Air France n'a pas présenté de projet de low cost long-courrier lors du CCE de vendredi, qui doit être suivi de deux autres réunions, le 24 septembre et le 5 octobre, selon des sources syndicales. Des analystes estiment qu'Air France, qui a annoncé près de 9.000 suppressions de postes depuis 2012, joue une partie serrée dans un contexte concurrentiel tendu et ses navigants n'ont d'autre choix que d'accepter de voler plus longtemps. "(Sinon) la société est condamnée à petit à petit réduire la voilure parce qu'elle fait face à des concurrents dont les coûts sont bien inférieurs et qui peuvent donc pratiquer des prix inférieurs et gagner des parts de marché", prévient Loïc Sabatier, analyste chez MainFirst Bank. A défaut d'une restructuration vigoureuse, Air France pourrait connaître un destin semblable à Alitalia, ajoute-t-il. La compagnie italienne, dont Air France-KLM était le premier actionnaire avant de se désengager, a multiplié les plans de restructuration et a dû finalement appeler Etihad à la rescousse, la compagnie du Golfe prenant 49% de son capital. Concurrencée notamment par les compagnies du Golfe, Air France-KLM a annoncé le 15 juin l'abandon l'hiver prochain de quatre lignes déficitaires et la réduction de fréquences sur d'autres liaisons dans trois pays. Le PDG d'Air France Frédéric Gagey avait déclaré le 15 juillet que la compagnie pourrait devoir fermer d'autres lignes long-courriers si les négociations avec les personnels navigants ne permettaient pas de dégager les économies de coûts nécessaires pour s'aligner sur la concurrence. ID:nL5N0ZV1WR (Edité par Dominique Rodriguez)


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