Air France-Les pilotes rejettent le projet d'accord

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    * La direction a donné jusqu'au 2 mai aux pilotes pour 
signer 
    * Les syndicats dénoncent un accord "à prendre ou à laisser" 
    * Air France dit avoir voulu négocier jusqu'au bout 
    * Les pilotes craignent une baisse de leur rémunération 
    * Sur les 600 embauches, 220 créations d'emplois seulement 
 
 (Actualisé avec SNPL) 
    par Cyril Altmeyer 
    PARIS, 12 avril (Reuters) - Les pilotes d'Air France 
s'opposent fermement au projet d'accord sur leurs conditions de 
travail présenté dimanche par la direction à la suite de sept 
séances de négociations, ont déclaré mardi à Reuters leurs deux 
principaux syndicats. 
    La filiale d'Air France-KLM  AIRF.PA  a donné aux pilotes 
jusqu'au 2 mai pour signer un accord qu'elle présente comme un 
plan de croissance, ce que contestent le Syndicat national des 
pilotes de ligne (SNPL), majoritaire, et le Syndicat des pilotes 
d'Air France (Spaf).   
    "Rien n'accompagne la croissance, sinon une baisse de 
salaire", a déclaré le porte-parole du SNPL. 
    Le puissant syndicat, qui réunit son conseil mercredi 20 
avril, n'exclut rien à ce stade, y compris une grève a-t-il 
ajouté. 
    Air France a souligné de son côté que la rémunération 
moyenne des pilotes de la compagnie serait en augmentation sur 
la période 2017-2020 en intégrant l'ensemble des mesures 
proposées. 
    Principalement payés à l'heure de vol, les pilotes ont vu 
leur rémunération baisser en raison de la crise et cette 
remontée est "moins que proportionnelle" à la reprise de 
l'activité, a estimé le porte-parole du SNPL. 
    Si la rémunération baisse de 20% en l'absence d'activité, 
elle doit remonter d'autant quand l'activité repart, mais la 
direction voudrait qu'elle n'augmente que de 5-7%, a expliqué 
pour sa part Grégoire Aplincourt, président du Spaf. 
    Les pilotes ont clairement dit qu'ils étaient prêts à faire 
des efforts de productivité, a-t-il ajouté, citant leur 
proposition, non retenue, de mieux répartir les vols non 
attribués, pour éviter que certains pilotes aient énormément 
d'heures supplémentaires. 
    L'embauche d'au minimum 600 pilotes promises d'ici 2020 se 
traduira par 220 créations de postes, le reste étant des 
remplacements de départs naturels (en retraite en particulier), 
a précisé une porte-parole de la compagnie. 
     
    UN "DÉSAGRÉABLE PARFUM DE SEPTEMBRE" 
    Les pilotes craignent qu'une partie de ces embauches se 
fassent chez Transavia, plutôt que chez Air France, étant donné 
la croissance prévue pour la low cost. 
    "On retrouve ce désagréable parfum de septembre", a dit le 
porte-parole du SNPL faisant référence à la grève de 15 jours 
des pilotes en septembre 2014 contre l'ouverture de bases de la 
compagnie low cost Transavia hors de France. 
    Le SNPL conteste toujours l'opportunité d'une telle mesure, 
jugeant sa viabilité non prouvée dans un marché ultra 
concurrentiel dominé par easyJet  EZJ.L  et Ryanair  RIYA.I . 
    "Ouvrir des bases en Europe, ce ne serait pas se développer, 
ce serait se disperser", a précisé le porte-parole du SNPL. 
    Sur la forme, les deux syndicats reprochent à Air France 
d'avoir fermé la porte, selon eux, à de nouvelles négociations. 
    "On regrette simplement que la direction nous ait envoyé un 
projet d'accord final et non négociable et mis fin 
unilatéralement aux négociations", a expliqué Grégoire 
Aplincourt, le président du Spaf. "On pensait se revoir et ils 
nous ont dit : non 'c'est à prendre ou à laisser'. 
    Air France fait de son côté valoir qu'elle a prolongé à deux 
reprises les négociations, démarrées le 10 mars, qui se sont 
finalement conclues le 6 avril au lieu du 25 mars, afin d'aller 
jusqu'au bout et de pouvoir proposer un accord équilibré.  
    La dernière réunion avec les pilotes a été "compliquée", 
mercredi, se concluant sur un blocage concernant les 
rémunérations, a déclaré jeudi à Reuters son PDG Frédéric Gagey. 
  
 
 (Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot) 
 

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  • M3182284 il y a 8 mois

    On s'en fout des embauches des autres, on veut du fric et moins d'heures.