Air France-La justice donne raison à la direction contre le SNPL

le , mis à jour à 17:29
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* AF reproche au SNPL de ne pas avoir appliqué totalement le plan Transform 2015 * Le TGI ne veut pas donner de "droit de veto" au SNPL * AF se félicite de la décision, veut reprendre les discussions * Le SNPL fait appel de la décision du TGI de Bobigny * Aucun calendrier encore communiqué, disent les syndicats (Actualisé avec la réaction du SNPL) PARIS, 16 octobre (Reuters) - Le tribunal de grande instance de Bobigny a donné vendredi raison à Air France, qui reprochait au Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) de ne pas avoir appliqué totalement les modalités du précédent plan de restructuration, "Transform 2015", selon le jugement consulté par Reuters. Le TGI justifie sa décision par sa volonté d'éviter d'"octroyer (...) au SNPL la possibilité de se prévaloir d'un droit de veto systématique" et condamne le syndicat aux dépens. La filiale d'Air France-KLM AIR.PA qui estime que le SNPL n'a pas réalisé toutes les mesures de productivité requises dans le plan "Transform 2015", s'est félicitée de cette décision. "Ce jugement (..) permettra, par le respect des accords conclus, de finaliser le plan Transform 2015 Pilotes, dans le cadre d'un dialogue social constructif pour le futur de l'entreprise", a déclaré une porte-parole d'Air France. Le SNPL a indiqué qu'il faisait appel de cette décision. "Les pilotes ont été les premiers à prendre leurs responsabilités dans le cadre de Transform 2015", a repliqué Philippe Evain, le président du SNPL d'Air France dans un communiqué. "Cette décision, qui nie tous les efforts fournis par les pilotes et la réalité des négociations collectives menées sur cet accord, n'incite pas à la contractualisation", ajoute-t-il. Ce même syndicat avait déjà indiqué jeudi à Reuters que la décision du TGI serait de nature à avoir une "influence" sur son attitude dans les négociations à venir avec la direction. Pour les syndicats des personnels au sol et de cabine, la reprise du dialogue entre les pilotes et la direction, bloqué par un bras-de-fer depuis des semaines, est la clé pour sortir le processus de restructuration du groupe de l'impasse. NOUVEL APPEL AU DIALOGUE Le gouvernement a multiplié ces derniers jours les déclarations incitant la direction et les syndicats à reprendre leurs négociations à la suite du comité central d'entreprise (CCE) du 5 octobre qui a annoncé 2.900 suppressions d'emplois d'ici 2017 et a été interrompu par des violences. ID:nL8N1251ZP Jeudi, le groupe a souligné qu'Air France pouvait encore éviter ce "plan B" prévoyant également le retrait de 14 avions de la flotte long-courrier d'ici 2017 si des négociations avec les syndicats, qui avaient échoué fin septembre, aboutissaient rapidement. ID:nL8N12F4L5 "Air France rappelle la nécessité absolue de poursuivre le dialogue social pour se restructurer de manière pérenne et maintenir sa compétitivité face à ses concurrents, condition primordiale pour assurer sa croissance et son développement", a ajouté la porte-parole vendredi. La direction a rencontré les syndicats jusqu'à mercredi dernier, avant un CCE prévu le 22 octobre à partir de 9h30 et pendant lequel des syndicats appellent les salariés à manifester à proximité de l'Assemblée nationale, espérant rallier d'autres participants extérieurs à Air France. "Je suis optimiste pour les négociations qui viennent de s'ouvrir", déclare de son côté le PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac, dans l'édition du Monde datée de samedi. "Partout où la négociation sera réussie, il n'y aura pas de départs contraints", réaffirme-t-il. Plusieurs responsables syndicaux ont toutefois indiqué vendredi à Reuters n'avoir encore reçu aucun calendrier de négociations. (Cyril Altmeyer, Jean-Michel Bélot et Matthieu Protard, édité par Jean-Michel Bélot)


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