Air France-KLM prêt à se laisser diluer dans le dossier Alitalia

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UNE PARTICIPATION D'AIR FRANCE-KLM À L'AUGMENTATION DE CAPITAL D'ALITALIA JUGÉE IMPROBABLE
UNE PARTICIPATION D'AIR FRANCE-KLM À L'AUGMENTATION DE CAPITAL D'ALITALIA JUGÉE IMPROBABLE

par Cyril Altmeyer et Agnieszka Flak

PARIS/MILAN (Reuters) - Une participation d'Air France-KLM à l'augmentation de capital d'Alitalia est hautement improbable en raison de l'absence de mesures pour réduire la dette de la compagnie aérienne italienne, a déclaré mardi une source proche du dossier.

"La probabilité est très, très, très faible", a déclaré cette source au sujet d'une éventuelle participation d'Air France-KLM à l'augmentation de capital.

Si le groupe franco-néerlandais passe son tour, sa participation sera diluée de 25% à environ 7% du capital d'Alitalia.

Une porte-parole d'Air France-KLM s'est refusée à tout commentaire.

Les actionnaires d'Alitalia - dont Air France-KLM qui est le premier d'entre eux - ont jusqu'à jeudi minuit pour déclarer s'ils participent ou pas à l'augmentation de capital de 300 millions d'euros qui doit permettre à la compagnie en difficulté de poursuivre son activité.

Trois sources ont toutefois ajouté qu'Alitalia pourrait bien repousser la date limite pour faire cette déclaration. L'une d'entre elles a évoqué la date du 21 novembre.

Le groupe italien réunit mercredi à partir de 17h00 GMT son conseil d'administration - parmi lesquels quatre représentants d'Air France-KLM. L'administrateur délégué d'Alitalia, Gabriele del Torchio, spécialiste des redressements d'entreprises, devrait dévoiler un plan volontariste pour relancer la compagnie.

Le projet industriel d'Alitalia, qui prévoit environ 2.000 suppressions d'emplois, "va dans le bons sens", a estimé la même source, ajoutant toutefois que le plan financier ne permettait pas d'assurer la pérennité à moyen terme d'Alitalia, lourdement endettée.

Alitalia accusait à fin septembre une dette nette de 813 millions d'euros contre 946 millions fin juin.

"Les banques détiennent la clé de l'avenir d'Alitalia", a souligné cette source. "Elles devraient accepter d'effacer une partie de la dette."

AEROFLOT ET LES EMIRATS À LA RESCOUSSE

Air France-KLM, qui avait investi 323 millions d'euros dans Alitalia début 2009, avait encore contribué en février dernier à hauteur de 23,8 millions d'euros à un prêt d'actionnaires convertible d'un total de 95 millions d'euros pour la compagnie italienne.

Le groupe franco-néerlandais, qui a cherché à être associé au processus de "due diligence" en vue l'augmentation du capital, s'est vu opposer une fin de non-recevoir par Alitalia, au nom de l'égalité entre les actionnaires, a précisé la même source.

"Avec 25% du capital, Air France-KLM n'est pas considérée comme l'actionnaire de référence. C'est l'erreur des autres actionnaires d'Alitalia", a-t-elle expliqué.

Pour Air France-KLM, l'objectif d'Alitalia d'équilibrer son résultat d'exploitation en 2014 n'est pas raisonnable, a-t-elle ajouté.

"Le dépôt de bilan d'Alitalia est inévitable", a constaté de son côté une source bancaire. "Quel que soit le secours immédiat, s'il y a une bonne âme pour prêter 200, 300 ou 400 millions d'euros, le problème de fond n'est pas résolu".

Les investisseurs approchés, comme les Emirats arabes unis et la compagnie russe Aeroflot, ont fait la même analyse, a ajouté ce banquier.

Le ministre italien des Transports Maurizio Lupi a déclaré mardi que Rome envisageait d'associer Alitalia à un partenaire basé dans le Sud-Est asiatique si Air France-KLM ne participait pas à l'augmentation de capital.

Le ministre a écarté l'hypothèse d'un partenariat avec Etihad Airways, évoquée par la presse italienne, et a plutôt évoqué les spéculations sur Aeroflot et Air China.

Même si Alitalia est une entreprise privée depuis 2008, le gouvernement italien, qui considère la compagnie comme un actif stratégique, lui a apporté son soutien financier. La Poste italienne s'est d'ailleurs engagée à souscrire à hauteur de 75 millions à l'augmentation de capital.

Avec Alberto Sisto, Matthias Blamont, Julien Dury pour le service français, édité par Juliette Rouillon

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