Air France-KLM: le nouveau PDG aura fort à faire.

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(CercleFinance.com) - Le suspense a pris fin et c'est donc 'l'option' Jean-Marc Janaillac que le management d'Air France-KLM a retenu, un peu moins d'un mois après l'annonce inattendue du départ d'Alexandre de Juniac, lequel s'en ira début août prendre les rênes de l'IATA (Association du Transport Aérien International). Surperformant légèrement la tendance, le titre du groupe franco-néerlandais avance d'environ 0,9% à 7,9 euros ce lundi peu avant 15h.

Ci-devant patron de Transdev, Jean-Marc Janaillac sera le prochain 'big boss' d'Air France-KLM, qui a renoué avec les bénéfices, mais n'est toujours pas tiré d'affaire. Et pour cause : ce retour dans le vert s'explique en grande partie par la baisse des prix du kérosène, un phénomène qui profite au secteur aérien dans sa globalité.

Surtout, les tensions sociales restent - très - fortes au sein d'un groupe qui est aux prises avec une concurrence très forte, incarnée à la fois par les compagnies du Golfe et par les low cost, toutes 2 en pleine expansion. Afin de la contenir, Alexandre de Juniac a notamment plaidé pour un développement de Transavia, une stratégie dont on rappellera qu'elle a suscité l'ire de pléthore de pilotes.

Jean-Marc Janaillac a-t-il hérité d'un cadeau empoisonné ? Il devra quoi qu'il en soit démontrer sa propension à manier la carotte et le bâton, lui qui est parvenu à redresser Transdev, un fait d'armes qui a beaucoup pesé dans la balance.

Précédemment président du directoire de RATP Dev (2010-2012) et directeur général du développement de la RATP (2004-2010), cet homme de 63 ans a aussi exercé des fonctions de direction générale au sein du groupe de tourisme Maeva (2000-2002) et d'AOM (1997-2000), en sus d'avoir été administrateur d'Air France de 1989 à 1994.

Il connaît donc 'la maison' et le secteur des transports au sens large. Des qualités fondamentales aux yeux d'un conseil d'administration qui a par ailleurs salué 'ses succès dans le développement des entreprises dont il a eu la responsabilité, sa connaissance du transport aérien et de ses clients ainsi que sa capacité de dialogue avec les salariés et les autres parties prenantes du groupe'. Autant d'atouts qui lui permettraient de son point de vue 'de relever les défis auxquels le groupe Air France-KLM est confronté'.

Le nom de Jean-Marc Janaillac avait commencé à se détacher du lot mi-avril, tout comme celui de Jean-François Cirelli, ancien patron de Gaz de France et ancien numéro 2 de GDF Suez. Selon la presse, le PDG de la SNCF Guillaume Pepy, son homologue d'Airbus Fabrice Brégier et l'actuel numéro 2 d'Emirates Thierry Antinori avaient quant à eux rapidement opposé une fin de non-recevoir à ce poste de PDG d'Air France-KLM réputé pour être particulièrement exposé et difficile.

Les solutions internes incarnées par Frédéric Gagey, actuel PDG d'Air France (il le restera), et par le patron de Hop ! Lionel Guérin - placé après les auditions des candidats en 2011 en deuxième position par le comité des nominations, derrière Fabrice Brégier, mais devant Alexandre de Juniac, et dont le travail au sein de la filiale a depuis fait l'unanimité - n'ont quant à elles pas été retenues.

Toujours neutre sur la valeur, avec un objectif de cours de 8 euros, Oddo a réagi à cette annonce, estimant que 'la question de la nature politique de cette arrivée peut légitimement se poser'. Jean-Marc Janaillac est en effet 'relativement proche' de François Hollande, lui qui fut charge du pôle 'Transports' lors de sa campagne présidentielle et qui est issue de la même promotion Voltaire de l'ENA.

'Ces éléments ne garantissent pas son acceptation par les syndicats et notamment le SNPL', avertit l'intermédiaire, qui salue cependant le bon travail accompli par le futur successeur d'Alexandre de Juniac chez Transdev, qu'il a été capable de désendetter et de redresser, ainsi que la réussite de la cession de la SNCM, connue pour la virulence de ses syndicats.

Pour autant, 's'il l'on prend en compte la proximité de la campagne électorale pour les élections présidentielles françaises et la nomination l'année dernière de l'ancien directeur de cabinet social du Premier ministre Manuel Valls en tant que DRH d'Air France, nous ne voyons pas comment Jean-Marc Janaillac pourrait avoir les coudées franches pour lancer rapidement un plan ambitieux', juge Oddo, selon lequel aucune annonce ambitieuse n'interviendra avant la fin de l'exercice en cours voire début 2017.

Une chose est sûre: Jean-Marc Janaillac aura du pain sur la planche et s'apprête très probablement à relever le défi le plus difficile de sa carrière.

(G.D.)


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