Air France-KLM: le départ du PDG mal accueilli.

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(CercleFinance.com) - Le titre Air France-KLM tend à réduire ses pertes, mais lâche tout de même 2,9% ce mercredi matin, soit la plus forte baisse du SBF 120. Les investisseurs accusent le coup après l'annonce tonitruante du départ prochain d'Alexandre de Juniac, qui a cédé aux sirènes de l'IATA (Association du transport aérien international) et prendra ses commandes en août prochain.

Totalement inattendu, par-delà les tensions sociales au sein d'Air France, avec notamment le fameux épisode de la chemise déchirée, ce départ intervient alors que le groupe a renoué avec les bénéfices l'an passé. Ainsi Alexandre de Juniac, initiateur des plans 'Transform 2015' et 'Perform 2020', peut-il être légitimement perçu comme l'homme du redressement d'un fleuron national dont on a un temps craint qu'il subisse le même sort qu'Alitalia en basculant dans le giron étranger.

Cette menace a été jugulée, à la faveur de réductions de coûts et d'une baisse des prix du carburant qui profite au secteur dans sa globalité. Publiés en février dernier, les comptes annuels ont rassuré tout le monde, révélant un bénéfice net part du groupe de 118 millions d'euros, à comparer avec une perte de 225 millions à fin 2014, alors que le chiffre d'affaires a crû de 4,6% à 26,1 milliards d'euros.

Alexandre de Juniac, nommé à la tête d'Air France en novembre 2011 et à celle d'Air France-KLM en juillet 2013, restera aussi l'homme qui a impulsé le développement de Transavia, l''enseigne' low cost de la compagnie française, pour laquelle il nourrit de grandes ambitions et dont il juge l'essor indispensable, dans un contexte de démocratisation du transport aérien, afin de lutter contre l'irrésistible ascension des tauliers de l'aviation bon marché que sont Ryanair et easyJet. Le dirigeant a ainsi affirmé fin mars, à l'occasion de l'inauguration de la première base européenne de Transavia à Munich (Allemagne), 2 objectifs à l'horizon 2019 : 100 appareils et plus de 20 millions de passagers transportés.

Ceux-ci survivront-ils à ce départ qu'Aurel BGC relie 'avec l'incapacité d'Air France à accepter la réforme' ? Le groupe franco-néerlandais 'piochera'-t-il à l'extérieur ou privilégiera-t-il une option en interne pour lui succéder ? Toujours est-il que 'certains représentants des pilotes avaient fait du départ du dirigeant une condition préalable avant de revenir à la table des négociations', a rappelé l'analyste ce matin.

Oddo a de son côté abaissé son conseil d''achat' à 'neutre' et son objectif de cours de 10 à 8 euros. Le broker n'a pas caché ses inquiétudes alors que s'ouvre une période d'incertitudes de 3 mois, soit le délais dont disposent le conseil d'administration et le comité des nominations pour proposer une succession.

'La question qui se pose aujourd'hui est de savoir quel évènement spécifique ou quel enchaînement d'évènements a poussé Alexandre de Juniac à renoncer finalement à son poste chez Air France-KLM', estime l'intermédiaire, qui juge réel le risque d'un management de transition dont les coudées ne seraient pas suffisamment franches.

Surtout, en considérant qu'Alexandre de Juniac a été 'réellement empêché à de multiples reprises de dérouler sa stratégie', le broker assure ne déceler aucun élément de nature à attirer un leader charismatique à la tête d'Air France-KLM. Un leader qui serait capable à la fois de peser dans les difficiles négociations salariales et de poursuivre les chantiers mis en oeuvre par Alexandre de Juniac.

Les défis à venir pour le groupe franco-néerlandais, aux prises avec une concurrence plus âpre que jamais, sont immenses. Et si Air France-KLM est parvenu à sortir la tête de l'eau, le risque d'y replonger aussi sec, faute de management suffisamment crédible et solide, n'a de toute évidence pas complètement disparu. Pas plus que le spectre d'un retour plus ou moins forcé à l'immobilisme.

(G.D.)


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