Air France-KLM juge difficile une reprise d'Alitalia en 2013

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AIR FRANCE-KLM DÉMENT VOULOIR PRENDRE LE CONTRÔLE D'ALITALIA
AIR FRANCE-KLM DÉMENT VOULOIR PRENDRE LE CONTRÔLE D'ALITALIA

PARIS (Reuters) - Air France-KLM a démenti lundi être en discussions pour le rachat de tout ou partie de la compagnie italienne Alitalia, dont il détient 25%, précisant qu'une telle opération paraissait "difficile" en 2013 étant donné ses moyens limités.

Dimanche, le quotidien romain Il Messaggero rapportait qu'Air France-KLM était en discussions "avancées" en vue d'une prise de contrôle d'ici l'été d'Alitalia, ajoutant que le groupe franco-néerlandais aurait offert aux autres actionnaires une prime de 20% par rapport au prix d'achat de leur participation dans Alitalia en 2008.

"Il n'y a rien, il n'y a pas de négociations", a déclaré à Reuters le PDG d'Air France Alexandre de Juniac, en marge de la présentation d'une nouvelle offre commerciale à bas prix lancée par la compagnie.

Prié de dire si une telle opération serait possible en 2013, Alexandre de Juniac a répondu à des journalistes : "A priori cela pourrait être difficile d'envisager une opération quelconque."

Le PDG d'Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, avait dit à Reuters en mai qu'une telle opération était "peu probable" en 2013.

"Nos moyens, malheureusement, ne se sont pas spectaculairement améliorés depuis 2012 de manière inattendue. Pour l'instant nous sommes extrêmement prudents sur toute opération externe", a déclaré Alexandre de Juniac lundi.

Air France-KLM a racheté 25% d'Alitalia en 2008 dans le cadre d'un consortium d'investisseurs nommé CAI, alors que la compagnie italienne était en cessation de paiement. A l'époque, CAI avait déboursé un peu plus d'un milliard d'euros pour reprendre Alitalia.

A partir du 13 janvier 2013, le groupe dispose d'une option pour prendre le contrôle d'Alitalia, avec l'expiration d'une période de "lock-up" qui permettra à tous les actionnaires de la compagnie italienne de céder librement leurs titres s'ils le souhaitent.

HAUSSE EN BOURSE D'AIR FRANCE-KLM

L'ancien président du Conseil Silvio Berlusconi s'est déclaré dimanche opposé à la prise de contrôle d'Alitalia par un groupe étranger.

"Notre pays ne peut pas se permettre de ne pas avoir sa propre compagnie aérienne nationale", a-t-il écrit sur sa page Facebook. "Si Alitalia était tombée entre les mains des Français (...), de nombreux touristes seraient allés visiter les châteaux de la Loire au lieu de nos villes d'art."

En 2008, Silvio Berlusconi avait remporté les élections législatives au terme d'une campagne durant laquelle il avait promis de ne pas laisser Alitalia tomber aux mains d'investisseurs étrangers.

Aujourd'hui, son parti, le Peuple de la liberté, accuse un net retard sur le Parti démocrate dans les intentions de vote pour le scrutin des 24 et 25 février.

Alitalia a renoué avec la rentabilité au troisième trimestre 2012 après un semestre dans le rouge, dégageant un bénéfice net de 27 millions d'euros sur juillet-septembre.

Son endettement net atteignait 923 millions d'euros fin septembre, soit 61 millions de plus qu'à fin juin.

A la Bourse de Paris, le titre Air France-KLM s'adjugeait 2,86% à 7,875 euros à 13h48.

De son côté, à la Bourse de Milan, l'action de la holding IMMSI qui détient environ 7% d'Alitalia s'envolait de 16,48% à 0,53 euro.

Cyril Altmeyer et Tim Hepher, avec Blandine Hénault, édité par Dominique Rodriguez

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