Air France-Départs volontaires en 2016, 2017 encore négociable

le , mis à jour à 17:36
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* Alexandre de Juniac confiant dans les négociations * "Moins d'1/3" des 2.900 suppressions de postes en 2016 * Ces départs volontaires seront proposés au CCE du 22/10 * La partie "douloureuse" du plan B est encore évitable (Actualisé avec réaction CGT) PARIS, 18 octobre (Reuters) - Air France appliquera la première partie de son plan de restructuration l'an prochain, avec près d'un millier de suppressions de postes, mais la phase la plus "douloureuse" peut être évitée en 2017 si des négociations aboutissent d'ici à début 2016, a déclaré dimanche son PDG. La direction de la compagnie, ébranlée par les violences survenues le 5 octobre en marge d'un comité central d'entreprise consacré à ce plan "B", présentera jeudi prochain lors d'un nouveau CCE sa "gestion prévisionnelle des emplois" sur la base de ce même plan, qui n'est pas suspendu, a dit Alexandre de Juniac au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. Le plan "B", qui a conduit des salariés à molester le directeur des ressources humaines et un haut responsable de l'activité long-courrier à Air France, fait suite à l'échec des négociations avec les personnels navigants auxquels la direction demandait notamment de travailler une centaine d'heures supplémentaires par an à salaire égal. "Le plan B se déroule sur deux années, 2016 et 2017. 2016 est lancé, les lignes long-courrier que nous mettons à la vente à partir d'avril 2016 doivent être mises en machine en gros en octobre-novembre. Pour 2017, ce n'est pas le cas", a souligné Alexandre de Juniac. Pour 2016, "c'est moins d'un tiers du total" des 2.900 suppressions d'emplois prévues dans le plan (1.200 chez les navigants, 1.700 au sol) qui est proposé. LES NAVIGANTS DE NOUVEAU SOUS PRESSION "Le chiffre sera donné et discuté au sein du comité central d'entreprise et lorsqu'il y aura des accords -- il y aura partout des accords, moi je suis très optimiste --, il y aura des mesures de départs volontaires", a expliqué le PDG. "2017 concentre l'essentiel des mesures du plan B, notamment les mesures douloureuses qu'on veut tous éviter", a poursuivi Alexandre de Juniac. "Si les négociations sont réussies d'ici le début de l'année prochaine, nous pouvons éviter de mettre en oeuvre le plan B 2017, c'est-à-dire revenir au plan A, au plan Perform", a-t-il assuré. Le PDG n'a pas donné de date-butoir aux organisations syndicales, auxquelles un calendrier de négociations aurait été soumis. La direction a repris le 9 octobre dernier les discussions avec les pilotes, ainsi que l'ensemble des catégories de personnels, dans une atmosphère qualifiée de "bonne" et "confiante" par Alexandre de Juniac. "Je crois que tout le monde a envie de négocier et a envie d'aboutir", a assuré le PDG de la compagnie. L'ensemble des personnels s'accordent pour "pousser toutes les mesures qui permettent d'éviter les licenciements". Il a précisé que les cent heures de travail supplémentaires demandées aux pilotes, stewards et hôtesses "restaient l'objectif" et a voulu croire que le choc du 5 octobre aiderait à convertir les esprits. LA CGT DÉNONCE UN "MONOLOGUE SOCIAL" S'agissant du personnel navigant, Alexandre de Juniac, qui revendique le soutien de l'exécutif, a plaidé pour une réduction des cotisations sociales les concernant à hauteur de "200 millions d'euros". Le secrétaire général de la CGT Air France, Miguel Fortea, a dénoncé sur iTELE le "monologue social" du PDG d'Air France qui "essaye de nous faire porter le chapeau de sa stratégie chaotique." "Qu'il arrête son monologue social qui est complètement anti-social, qu'il prenne du recul et peut-être même du repos. A aucun moment, il ne tente de négocier avec les organisations syndicales", a-t-il dit. L'intersyndicale d'Air France appelle à un rassemblement jeudi devant l'Assemblée nationale. Le PDG a annoncé que des "mesures de sécurité particulières" seraient prises pour le CCE du 22 octobre. Il a précisé que 18 procédures disciplinaires avaient été engagées à l'encontre de responsables présumés des incidents du 5 octobre, dont cinq d'entre eux seront jugés pour "violences en réunion" le 2 décembre. Les conditions de leur arrestation, à leur domicile au petit matin, ont été critiquées à gauche et par le monde syndical. Dans un entretien au Journal du Dimanche, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, qui n'a pas condamné les violences, s'indigne qu'ils aient été traités "comme des malfrats de la pire espèce". Ces actes "inqualifiables", qui ont majoritairement "choqué" à Air France, "sont le fait d'une petite minorité complètement incontrôlée", a affirmé Alexandre de Juniac. "La violence physique ne doit jamais être acceptée. Soit on la condamne, soit on l'encourage." (Sophie Louet)


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