Air France-Cinq salariés en garde à vue pour les incidents du CCE

le , mis à jour à 14:01
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* La CGT dénonce une tentative d'intimidation * D'autres salariés pourraient être inquiétés * Une enquête a été ouverte pour "violences en réunion" (Avec réactions syndicales et politiques) PARIS, 12 octobre (Reuters) - Cinq salariés d'Air France AIRF.PA soupçonnés d'avoir molesté des cadres de la compagnie le 5 octobre dernier ont été interpellés tôt lundi matin à leur domicile et placés en garde à vue, une procédure dénoncée par la CGT et l'extrême gauche. Selon des sources policières et judiciaires, ces personnes ont été identifiés grâce aux images vidéo des violences, dont ils sont considérés comme les principaux auteurs. Le directeur des ressources humaines d' Air France, Xavier Broseta, et un responsable de l'activité long-courrier, Pierre Plissonnier, avaient été pris à partie par des salariés furieux après l'annonce de 2.900 suppressions de postes. ID:nL8N1251ZP Les images montrant ces dirigeants fuyant les manifestants, chemise arrachée et costume déchiré, ont fait le tour du monde. Trois autres cadres ont été molestés et deux vigiles blessés, dont l'un a sombré brièvement dans le coma. Le Premier ministre, Manuel Valls, avaient dénoncé des comportements de "voyous". Le parquet de Bobigny a ouvert le 6 octobre une enquête pour dégradations, entrave au fonctionnement du comité central d'entreprise (CCE) et violences en réunion. Des faits passibles en théorie d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison. Le secrétaire général du CCE, Didier Fauverte, a confirmé à Reuters que les cinq salariés interpellés par la police de l'air et des frontières appartenaient au personnel au sol, côté fret. Selon ce responsable de la CGT, au moins deux ou trois d'entre eux pourraient être licenciés. Leur interpellation au petit matin "ne va pas calmer les choses", a-t-il dit. Pour lui, elle participe d'une "tentative d'intimidation" et d'une "volonté de faire peur pour essayer de museler un peu tout le monde". "Je pense qu'il y aura d'autres salariés appartenant à d'autres syndicats qui seront mis en cause. Tout ça va continuer à faire bouillir la cocotte", a-t-il dit à Reuters. VERS D'AUTRES ARRESTATIONS ? Du côté politique, Jean-Luc Mélenchon, député européen du Parti de gauche, a évoqué sur Twitter un "jour de deuil". "Quatre salariés arrêtés pour fait de lutte. Que la résistance et la colère soient plus contagieuses que la peur !" a écrit l'un des rares hommes politiques français qui ait justifié les violences du 5 octobre. La porte-parole du Parti de gauche, Danielle Simonnet, a accusé Manuel Valls de "criminaliser" les syndicalistes tout en laissant "les profiteurs-casseurs d'emplois impunis". "Arrêtés chez eux à 6h00 du matin ? Pourquoi ?" renchérit l'ancienne ministre écologiste Cécile Duflot, qui se demande si cela visait à les "humilier devant leurs familles". Selon Didier Fauverte, une vingtaine de personnes pourraient être inquiétées et d'autres salariés sont menacés de mise à pied temporaire ou d'une retenue sur salaire pour avoir chanté "sans chemise, sans pantalon" lors des incidents du 5 octobre. "Je veux bien qu'ils (la direction) continuent les négociations mais si c'est sur ces bases-là, je crois que ça va être vite réglé", a-t-il ajouté. Après les incidents, qui ont suscité une vive émotion dans la compagnie aérienne mais également dans le monde politique, la direction a repris contact avec les syndicats. Les pilotes se sont déclarés prêts à renouer le dialogue sur l'amélioration de la compétitivité face à la concurrence, tandis que le Syndicat national des personnels navigants et commerciaux (SNPNC) a annoncé qu'il serait reçu mercredi. Mais Didier Dague (Force ouvrière), représentant des salariés au conseil d'administration, a dit à Reuters qu'il n'y avait pas "officiellement (...) de calendrier de reprise des négociations pour l'instant". Il a par ailleurs réitéré la position de FO, qui juge la violence inacceptable, "quelles que soient les personnes incriminées" - "La justice doit faire son travail", a-t-il dit. Contactée par Reuters, la direction d'Air France a refusé de commenter les interpellations : "Air France ne fera aucun commentaire sur l'enquête judiciaire", a dit une porte-parole. (Emmanuel Jarry, avec Nicolas Bertin et Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)


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