Ah, c'était bien, le Brésil...

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Ah, c'était bien, le Brésil...
Ah, c'était bien, le Brésil...

Que reste-t-il quand tout est fini ? Quand les litres de cachaça ont été depuis longtemps éclusés par des reins qui sentent encore le citron vert, quand les stades sont vides, quand les images des femmes d'Ipanema se perdent dans les souvenirs ? Six mois après des nuits d'ivresse et des jours de football ensoleillé, que reste-t-il de cette Coupe du monde qu'on annonçait comme la plus belle et qui s'écrit déjà au passé ?

Le mois de juin avait commencé par un mauvais augure. Le povo brésilien, cette classe moyenne émergente et déjà fatiguée par la corruption politique et les défaillances du système social brésilien, ses favelas pacifiées mais toujours pauvres, ne voulait pas de cette Coupe du monde trop chère et devait profiter des regards braqués sur le Brésil pour se faire entendre et mettre à feu le pays. On prédisait des stades pas prêts, des manifestations monstres, un Brésil en guerre ; il n'y a eu que de la fête, des caipirinhas servis dans des verres d'un litre, des stades remplis de Sud-Américains, des chants, des feux d'artifices dans le ciel, des amours nocturnes dans les ruelles du quartier de Lapa. Alors ? Alors oui, il y avait quelques passerelles en bois autour du Maracanã, des entrées du stade de Salvador qui ressemblaient à une tranchée alsacienne et la pelouse de Manaus a été peinte en vert. Oui, l'organisation a parfois égaré les disques des hymnes nationaux et oublié les navettes pour conduire aux stades. Oui, des Argentins et des Chiliens ont forcé des portes pour se payer des matchs gratos, et aucun des problèmes structuraux du Brésil émergent n'a été réglé par cette Coupe du monde. Mais on ne peut pas accuser sans cesse la FIFA d'imposer ses règles aseptisantes et se comporter comme un groupe de retraités français en vacances. C'est peut-être aussi parce que l'Amérique du Sud se structure dans le bordel que les Coupes du monde y sont plus belles qu'ailleurs. Au fait, où sont les prochaines ?
"Eh Puto" et excitations francophones
Avant d'être écrasée par la machine allemande, réglée comme un moteur d'avion, cette Coupe du monde a longtemps été celle de l'Amérique latine. Rappelez-vous : des scores fleuves, des espaces entre les lignes démesurés, des chevauchées fantastiques, les pauses pour s'enfiler de la flotte, des joueurs avec des crampes en milieu de seconde mi-temps, et puis des maillots jaunes dans les tribunes, des "Eh puto" et des "porra", des Costaricains intenables, des Chiliens flamboyants. Partout dans Rio et dans le reste du pays, les supporters argentins envahissaient le Brésil, venus là pour chanter plus fort que les autres, plantant leurs camping-cars là où les plages leur semblaient les plus belles, ou dans des parkings sans douche, ordonnant dans chaque bar, à chaque seconde au Brésil de dire "que se siente ",...


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