Agriculteurs-Valls interpelle l'Europe et la grande distribution

le , mis à jour à 18:40
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    * La France veut d'autres mesures européennes 
    * Fonds de soutien pour le porc, mesures pour le lait et 
modification de la loi en discussion en France 
    * Valls parlera de l'embargo russe avec Medvedev samedi 
 
 (Actualisé avec mémorandum de Le Foll) 
    PARIS, 8 février (Reuters) - Manuel Valls a pressé lundi la 
Commission européenne d'accentuer sa lutte contre les crises 
agricoles, après avoir discuté de mesures de soutien aux 
agriculteurs et de réformes structurelles avec les groupes de 
grande distribution présents en France. 
    Le Premier ministre a réuni des dirigeants de Carrefour 
 CARR.PA , Casino  CASP.PA , Auchan, Cora, Intermarché, Lidl et 
Système U, avec le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll et 
celui de l'Economie, Emmanuel Macron, au moment où de nouveaux 
barrages étaient érigés par les éleveurs.   
    Il a demandé aux distributeurs de ne pas anticiper une 
baisse des prix des produits agricoles dans les négociations 
commerciales qui s'achèveront le 1er mars, de poursuivre les 
actions de valorisation des produits locaux, d'entrer dans des 
partenariats avec leurs fournisseurs et d'accentuer la 
contractualisation.   
    Face à la détresse des producteurs de porc, qui manifestent 
depuis plusieurs semaines, un fonds de soutien est discuté entre 
le syndicat FNSEA et la Fédération du commerce et de la 
distribution (FCD), présente à la réunion. Il pourrait être 
alimenté grâce à une hausse du prix du porc de 10 centimes par 
kilogramme. 
    "Ces discussions vont se poursuivre demain et dans la 
semaine pour aboutir à des solutions d'urgence pour les éleveurs 
les plus en difficulté, avec l'idée d'un fonds qui viendrait 
appuyer les trésoreries", a dit Stéphane Le Foll. 
    Le président de la FCD, Jacques Creyssel, également 
président de Cora, a précisé qu'une telle initiative nécessitait 
un accord des autorités de la concurrence française et 
européenne. "Ces discussions sont en cours", a-t-il déclaré. 
     
    "CONSENSUS FORT", DIT MACRON 
    Pour répondre au problème du prix payé aux producteurs, 
parfois trop faible pour couvrir leurs coûts, la loi de 
modernisation de l'économie (LME) pourrait être modifiée pour 
que les négociations tarifaires associent à la fois les 
producteurs, les industriels et les distributeurs.     
    "Ça permettrait de tout résoudre", a dit le PDG de Système 
U, Serge Papin. "Imaginez qu'au moment des négociations, il y 
ait non seulement les transformateurs mais aussi les 
producteurs, à partir de ce moment là, il y a une signature à 
trois et un engagement d'un prix minima sur la production." 
    Des mesures rapides pour le lait ont été discutées, avec la 
possibilité d'une garantie des prix à leur niveau de 2015. 
    Emmanuel Macron a dit qu'il existait un "consensus fort" 
pour trouver une solution tripartite entre distributeurs, 
industriels et producteurs de lait.   
    Parallèlement, Stéphane Le Foll a proposé "des mesures de 
régulation des marchés" qui doivent être discutées à l'occasion 
du conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE du 15 février, 
a ajouté le Premier ministre français. 
    "La Commission doit activer les pouvoirs dont elle dispose 
en cas de crise, jusqu'à présent elle a fait trop peu et trop 
tard", a dit Manuel Valls. 
    Selon le mémorandum adressé par Stéphane Le Foll aux 
autorités européennes, transmis à Reuters, la France demande un 
relèvement temporaire du prix d'achat public par l'UE (prix 
d'intervention) de la poudre de lait afin d'éponger le marché. 
    Elle souhaite la création de mécanismes permettant de donner 
des aides aux producteurs qui ont volontairement réduit leur 
production en période de baisse des prix, la prolongation de 
l'aide au stockage privé pour le porc et obtenir l'indication du 
pays d'origine de la viande dans les produits transformés. 
    La France demande en outre la création d'un outil de crédit 
européen à l'exportation et des outils financiers de la Banque 
européenne d'investissement (BEI), notamment pour aider les 
exploitations les plus endettées.      
    "La Commission est très consciente de la situation, pas 
seulement en France", avait dit un porte-parole de l'exécutif 
européen après les déclarations de Manuel Valls. 
    Rappelant que 420 millions d'euros avaient été débloqués en 
urgence pour les membres de l'Union, il avait ajouté que "c'est 
aussi aux Etats membres de faire usage de cet argent et des 
autres mesures qui ont été mises en place" pour les secteurs du 
lait et de l'élevage. 
    Manuel Valls a ajouté qu'il rencontrerait samedi le Premier 
ministre russe, Dmitri Medvedev, et qu'il évoquerait avec lui la 
levée de l'embargo sanitaire russe sur la viande porcine. 
 
 (Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse) 
 

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