Agriculteurs en colère en Moselle, réunion de ministres à Paris

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AGRICULTEURS EN COLÈRE EN MOSELLE, RÉUNION DE MINISTRES À PARIS
AGRICULTEURS EN COLÈRE EN MOSELLE, RÉUNION DE MINISTRES À PARIS

STRASBOURG (Reuters) - Des agriculteurs en colère ont encore établi mardi matin des barrages filtrant en Moselle, quelques heures avant une réunion de ministres et de banquiers à Paris sur la mise en oeuvre du plan d'urgence annoncé la semaine dernière pour les éleveurs.

Ces derniers protestent notamment contre les prix auxquels ils vendent leurs produits et des conditions de marché défavorables.

Selon la Fédération départementale de syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) de Moselle contactée par Reuters, une centaine de tracteurs ont constitué vers 9h00 un barrage filtrant sur le carrefour entre la route nationale 4 et l’autoroute A4, au niveau de Phalsbourg.

Une opération similaire, réunissant 200 tracteurs, était prévue sur l’autoroute A31, qui relie le Luxembourg à Beaune, au niveau de la Croix de Hauconcourt, point de jonction avec l’A4.

Les manifestants contrôlent les camions frigorifiques pour intercepter les produits étrangers et attirer l’attention des pouvoirs publics sur ce qui constitue selon eux des "distorsions de concurrence" entre la France et les autres pays européens.

Les marchandises les plus représentatives de cette situation seront amenées dans l’après-midi aux autorités préfectorales, a précisé à Reuters Gilles Becker, secrétaire général de la FDSEA.

Les barrages devraient être levés dans l’après-midi.

Entre-temps, les ministres français des Finances de l'Economie et de l'Agriculture, Michel Sapin, Emmanuel Macron et Stéphane Le Foll, devaient réunir en fin de matinée les représentants de banques, dont la Banque publique d'investissement (BPI), et de la médiation du crédit. Objet : la mise en oeuvre du plan d'urgence annoncé mercredi dernier.

Ce plan représente un soutien financier pouvant aller jusqu'à 1,1 milliard d'euros pour les éleveurs de bovins et de porcs et les producteurs laitiers, dont la prise en charge d'intérêts d'emprunts, la restructuration des dettes des exploitants les plus en difficulté et 500 millions d'euros de crédits bancaires garantis par la BPI.

L'annonce de ces mesures n'a pas mis fin au mouvement de protestation, qui a au contraire fait tache d'huile.

Des agriculteurs s'en sont ainsi pris lundi à des camions transportant des produits allemands et espagnols, accusés de concurrence déloyale.

Ces actions commencent à irriter les éleveurs des autres pays de l'Union européenne, dont les productions sont souvent achetées moins cher que celles de leurs homologues français.

La fédération allemande du secteur laitier, la MIV, a ainsi annoncé lundi qu'elle avait écrit à Bruxelles pour demander le soutien de la Commission européenne contre ce qu'elle considère elle-même comme des mesures anti-concurrentielles contre les produits allemands.

(Gilbert Reilhac et Emmanuel Jarry, avec Mark John)

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  • ltondu le mardi 28 juil 2015 à 13:37

    Tout ok ! Rien de valable ne sortira de cette réunion, ils sont hors sujet....

  • mipolod le mardi 28 juil 2015 à 11:49

    La distorsion de la concurrence se situe au niveau des charges sociales différentes selon les pays. Nous avons une union européennes et une monnaie unique, mais avec autant de fiscalités et de lois de protections sociales que de pays. Ca ne marchera jamais tant que flamb.y et ses pieds nickelés n'auront pas compris ça !