Agressions contre des bars gays à Bordeaux et Lille

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BORDEAUX/LILLE (Reuters) - Le gérant d'un bar gay de Bordeaux a été blessé par deux hommes cagoulés qui ont cassé des verres et des bouteilles dans l'établissement, a-t-on appris auprès du gérant et de la police.

L'agression s'est produite vers 01h00 du matin jeudi, quelques heures après une autre attaque d'un bar gay à Lille, à l'issue de laquelle quatre hommes ont été interpellés.

A Bordeaux, le gérant du bar a été frappé avec la crosse d'une arme de poing. Blessé à la tête et aux côtes, il a été évacué sur un hôpital pour recevoir des soins.

"Ça s'est passé en quelques minutes. Après m'avoir frappé ils sont entrés dans le bar, ont bousculé les derniers clients et ont cassé des verres et des bouteilles", a dit le gérant du "Go West" à Reuters. "Ils n'ont tenu aucun propos homophobe ou alors je ne les ai pas entendus. Il m'est difficile de dire si c'est en lien avec ou pas avec ce qui se passe actuellement".

A Lille, quatre individus ont tenté de pénétrer en force dans un bar gay de la vieille ville vers 22h00 mercredi soir, a déclaré le propriétaire de l'établissement.

Une bagarre a éclaté avec le propriétaire de l'établissement et deux serveurs, qui ont été tous trois légèrement blessés.

"Ils sont venus pour casser du pédé, ils l'ont dit en ces termes", a dit le gérant du bar. Les quatre agresseurs ont jeté du mobilier contre la vitrine et les clients en proférant des injures homophobes avant d'être mis en fuite par les clients.

Ils auraient été repérés peu de temps après et interpellés, selon cette même source.

A Bordeaux comme à Lille, plusieurs manifestations avaient été organisées mercredi contre le "mariage pour tous", au moment où l'Assemblée nationale a entamé l'examen en deuxième lecture du projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption en France aux couples de même sexe.

La Fédération LGBT (Fédération des associations et centres lesbiens, gays, bi et trans en France) a dénoncé des "violences inacceptables (qui) interviennent dans un climat de harcèlement, de manifestations de la part des opposants qui ont décomplexé l'expression d'une homophobie désormais revendiquée".

Claude Canellas à Bordeaux et Pierre Savary à Lille, édité par Yann Le Guernigou et Gilles Trequesser

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