AG2R : Péraud, de l'ombre à la lumière

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AG2R : Péraud, de l'ombre à la lumière
AG2R : Péraud, de l'ombre à la lumière
Méconnu du grand public mais reconnu dans le peloton, Jean-Christophe Péraud incarne un cyclisme à l'ancienne qu'on pensait disparu. Très discret, cet ingénieur de 37 ans va désormais entrer dans l'histoire du cyclisme français grâce à sa deuxième place sur le Tour de France 2014. En toute discrétion.

17 juillet 2013. Jean-Christophe Péraud, neuvième du classement général, quitte le Tour sur abandon. Avant d'attaquer les Alpes, le Français devait selon toute vraisemblance se rapprocher du top 5 à l'issue du contre-la-montre entre Embrun et Chorges. Un exercice qu'il connaît parfaitement et qui l'avait fait entrer, déjà, dans la lumière, en 2009, à l'occasion des Championnats de France de cyclisme sur route. A l'époque, le Lyonnais devenait le premier amateur à remporter le titre national du contre-la-montre. Mais ce jour là, rien ne se passe comme prévu. Péraud chute lors de la reconnaissance et est victime d'un trait de fracture de la clavicule droite. Au courage, le bonhomme remonte sur son vélo l'après-midi même et participe au chrono. Mais à deux kilomètres de l'arrivée, nouvelle chute, sur la même clavicule. Fracture et abandon. En larmes.

Le corbeau du peloton

La poisse. C'est le terme qui aurait pu résumer au mieux l'histoire de Jean-Christophe Péraud avec le Tour de France sans ce final paradisiaque à Périgueux. En 2010 déjà, alors qu'il effectuait une première saison professionnelle très convaincante chez Lotto, l'ingénieur était contraint de renoncer à la Grande Boucle, victime d'une septicémie. Alors quand le protégé de Vincent Lavenu crève à la moitié de son chrono ce samedi, on se dit que la malchance va encore frapper. Ce foutu destin qui a privé tant de grands champions des lauriers. Mais Péraud avait faim. Faim de victoire et de reconnaissance. Toute personnelle, car l'homme n'aime pas s'exposer et ne se sent jamais aussi bien que dans l'ombre. La performance des Pinot et Bardet, plus jeunes et plus médiatiques, lui a d'ailleurs permis de poursuivre son objectif sereinement. Dans l'ombre. Alors à l'heure de la prise de conscience, samedi soir en salle de presse, le natif de Toulouse craque et fond en larmes. « Rien que d'y penser, les larmes reviennent, souffle-t-il entre deux sanglots. Je suis fier de cette équipe. C'est grâce à eux que je suis là. » Histoire de se mettre en retrait. Une fois de plus.

Vice champion olympique en 2008

Arrivé dans le peloton après ses 30 ans, Jean-Christophe Péraud a dû batailler pour gagner la reconnaissance de ses pairs. Venu du VTT où il avait glané une médaille d'argent lors des Jeux Olympiques 2008, Péraud succède aujourd'hui à un certain Cadel Evans, autre figure de proue du VTT. Et chantre, comme le Français, d'un cyclisme différent. Alors, à une époque où le cyclisme se cherche une nouvelle image, plus propre et plus lisse, la deuxième place du Français sonne comme une récompense pour toute une génération sacrifiée par les tricheries du passé. Pinot et Bardet peuvent encore attendre. Leur tour viendra. 

Par Rémi Farge

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