AG2R-La Mondiale était bien seule

le
0
AG2R-La Mondiale était bien seule
AG2R-La Mondiale était bien seule

Ce 100eme Tour de France n'a que trop peu souri aux coureurs français dans une course largement dominée par la Sky de Christopher Froome. Pour trouver des motifs de satisfaction côté tricolore, il faut principalement se tourner vers l'équipe AG2R-La Mondiale. En effet, cette équipe a marqué ce Tour de France, et surtout la dernière semaine, tant par la performance de ses coureurs que par la malchance qui a frappé son leader, Jean-Christophe Péraud, alors que la plupart des têtes d'affiche du cyclisme français ont failli cette année.

Péraud chute, Bardet se montre

Neuvième du Tour de France 2012, l'ancien vice-champion olympique de VTT venait sur le Tour de France avec des ambitions légitimes de viser une place dans les dix cette année encore. Mais ses deux premières semaines très probantes, où il a su tenir face aux cadors du peloton, ont été gâchées par deux chutes le jour du contre-la-montre entre Embrun et Chorges. Ces chutes ont eu raison de ses ambitions? et surtout de sa clavicule droite.Au sein de l'équipe, les maigres espoirs de bien finir au classement général se sont alors reportés sur le jeune Romain Bardet, alors 20eme. En parvenant à suivre de près certains leaders du Tour, il parvient à grappiller du temps et à remonter au classement pour terminer à une probante 15eme place sur les Champs-Elysées, qui lui permet de terminer premier Français au classement général. A seulement 23 ans, c'est un des espoirs du cyclisme tricolore qui devra s'affirmer et confirmer dans le futur.

Riblon dans la lumière

Privés de leur leader, les coureurs de l'équipe AG2R-La Mondiale ont pu se montrer plus offensifs pour viser une victoire d'étape. Ce fut chose faite lors de l'étape reine du 100eme Tour de France et l'arrivée à l'Alpe d'Huez. Au terme d'une échappée fleuve et après avoir déposé Tejay van Garderen, Christophe Riblon s'est imposé en solitaire et a marqué les esprits du jury qui le désignera Super-Combatif du Tour à la veille de l'arrivée.Mais ce qui a sans doute motivé la formation dirigée par Vincent Lavenu, c'est le classement par équipes. Car au final, ils terminent à la deuxième place, à seulement huit minutes de l'équipe Saxo-Tinkoff emmenée par Alberto Contador et Roman Kreuziger. Vincent Lavenu, manager de l'équipe, souligne cette performance : « C'est quelque chose d'exceptionnel. Le Tour de France, c'est la plus grande course du monde, avec les meilleures équipes du monde. Chaque année, c'est l'objectif de beaucoup d'équipes. Donc quand on termine deuxième de ce classement, c'est qu'on fait partie des meilleures équipes du monde. C'est une grande fierté. »

Beaucoup d'offensives mais peu de résultats

Les coureurs français ont beaucoup attaqué durant ce 100eme Tour de France, ils ont essayé de prendre toutes les échappées mais cela ne leur a que trop rarement souri. Comme souvent, Sylvain Chavanel a tenté sa chance mais n'a jamais su être dans la bonne roue, et réagir quand il le fallait pour accrocher une nouvelle victoire d'étape sur le Tour de France. Il a beaucoup servi de premier étage de la fusée Omega Pharma-Quick Step destinée à lancer Mark Cavendish, cela lui a sans doute coûté beaucoup d'énergie et l'a handicapé dans ses tentatives d'échappées, comme celle dans le Mont Ventoux où il a été déposé par Chris Froome et Nairo Quintana.D'autres coureurs comme Blel Kadri, Julien Simon ou Jérôme Cousin ont tenté leur chance dans des offensives audacieuses, partant de loin, mais les équipes de sprinters étaient trop bien rodées, trop bien organisées, trop volontaires pour laisser la moindre victoire d'étape leur échapper. De plus, le parcours de cette 100eme édition du Tour de France n'était pas forcément favorable aux baroudeurs.

Les Europcar bien loin du compte

On attendait beaucoup des coureurs de l'équipe Europcar, surtout Thomas Voeckler et Pierre Rolland. C'était sans doute beaucoup trop après la quatrième place du premier en 2011 et le maillot blanc du second en 2012. Thomas Voeckler a tenté des échappées improbables mais a très rapidement montré ses limites actuelles, qui peuvent avoir un lien avec sa fracture d'une clavicule au printemps dernier qui a perturbé sa préparation. De plus, le déroulement de la course n'a pas favorisé l'expression de ses qualités de baroudeur, qui lui ont permis de briller ces dernières années.L'autre leader de l'équipe, Pierre Rolland, visait une bonne place au classement général mais un manque de forme évident l'a obligé à se rabattre sur un autre objectif, le maillot à pois de meilleur grimpeur. Il a tenté de prendre un maximum de points dans les Alpes mais le règlement lui a été défavorable. En effet, le doublement des points marqués lors des arrivées au sommet a permis aux cadors du peloton de prendre trop d'avance pour que le scénario d'un baroudeur finissant meilleur grimpeur se réalise (ndlr : à l'image de ce que Laurent Jalabert ou Richard Virenque étaient capables de faire dans les années 1990-2000).

Pinot déçoit, tout comme la FDJ.fr

Dixième du Tour de France 2012, Thibaut Pinot pouvait légitimement espérer rééditer sa performance en 2013 sur la 100eme édition de la Grande Boucle. Mais, comme pour d'autres, ce n'était pas son année. En effet, victime d'une angine dans les premiers jours de course, il a résisté pendant les deux premières semaines mais n'a pas pu aller plus loin que le Mont Ventoux, son état de santé n'évoluant pas de manière satisfaisante et n'étant jamais parvenu à se mettre dans le rythme de la course.Mais c'est l'équipe FDJ.fr de Marc Madiot dans son ensemble qui n'a pas su répondre aux attentes. Pour son premier Tour de France, Nacer Bouhanni a été forcé de mettre pied à terre dès la sixième étape, éreinté par les chutes et des problèmes gastriques qui lui ont coupé les jambes. Enfin, le champion de France, Arthur Vichot, n'a pas fait briller le maillot tricolore par manque d'offensive. Seule sa chute malheureuse dans la descente du Col de la Madeleine lui a permis de se signaler. Il termine à une modeste 66eme place à plus de deux heures de Chris Froome.Au final, le 100eme Tour de France n'a pas été un bon cru pour le clan français. Les têtes d'affiches ont failli, déçu et la jeune génération tarde à éclore malgré la bonne fin d'épreuve de Romain Bardet. Comme l'a dit Bernard Hinault au micro de France 2 ce dimanche : « Mon successeur, il n'est peut-être pas encore né ». Un constat édifiant, et pas forcément éloigné de la réalité.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant