AfSud-Le ministre des Finances n'envisage pas de démissionner

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    JOHANNESBURG, 24 août (Reuters) - Le ministre sud-africain 
des Finances, convoqué par la police dans le cadre d'une enquête 
sur une unité du fisc soupçonnée d'avoir mené des missions 
d'espionnage de plusieurs responsables politiques, a exclu de 
démissionner mercredi. 
    "J'ai un travail à faire dans un environnement économique 
difficile afin de servir l'Afrique du Sud de mon mieux. 
Laissez-moi faire mon travail", a déclaré Pravin Gordhan. 
    Le ministre, ainsi que plusieurs autres responsables du fisc 
sud-africain (SARS), ont été convoqués pour une entrevue avec un 
officier de l'unité d'élite de la police, les Hawks, a indiqué 
une source proche du dossier. 
    Pravin Gordhan a expliqué qu'il n'avait aucune obligation de 
se rendre à la convocation écrite adressée par la police et 
qu'il avait engagé des avocats pour le représenter. 
    Les Hawks enquêtent sur la création d'une unité secrète 
lorsque que Gordhan dirigeait l'administration fiscale 
sud-africaine et sur la régularité des opérations que cette 
dernière aurait conduites. 
    "Le ministre Gordhan n'est pas en mesure de rencontrer le 
brigadier Xaba jeudi à 14h00", a indiqué le cabinet d'avocats 
engagé par le ministre. 
    La presse sud-africaine rapportait au mois de mai que Pravin 
Gordhan risquait d'être poursuivi en justice car il était 
soupçonné d'avoir créé l'unité de surveillance fiscale pour 
espionner plusieurs responsables politiques, dont le président 
Jacob Zuma. 
    Cette affaire ressurgit dans un contexte de tension 
politique après les revers électoraux enregistrés par l'ANC de 
Zuma lors des élections municipales qui lui ont notamment fait 
perdre la municipalité de Johannesburg et celle de Tshwane, 
englobant la capitale, Pretoria. 
    Un ancien ministre des Finances, Trevor Manuel, a estimé que 
le limogeage de Gordhan serait un coup très sévère porté à 
l'économie sud-africaine. 
    "Une telle décision (limoger Gordhan) détruirait cette 
économie", a commenté Manuel sur la chaîne de télévision ENCA. 
"La prochaine étape est en fait que le chef de l'Etat appelle 
les Hawks et leur dise : si vous avez des preuves irréfutables, 
montrez-les", a-t-il ajouté. 
    La monnaie sud-africaine, le rand, a perdu 1,5% par rapport 
au dollar mercredi, accusant un repli de cinq pour cent face au 
billet vert depuis le début de l'affaire mardi. 
    Les marchés craignent que cette affaire constitue un 
stratagème politique pour évincer le ministre.     
 
 (Joe Brock et Tiiseto Motsoeneng; Pierre Sérisier pour le 
service français, édité par Tangi Salaün) 
 
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